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Défi relevé pour Émilie Bibeau

L’actrice porte une réflexion sur l’art dans L’éducation de Rita

Aux antipodes, le duo incarné par Émilie Bibeau et Benoît Gouin est attendrissant.
Photo courtoisie, François Laplante Delagrave Aux antipodes, le duo incarné par Émilie Bibeau et Benoît Gouin est attendrissant.

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Au-delà d’une magnifique performance offerte par Émilie Bibeau dans le rôle principal, L’éducation de Rita propose une superbe réflexion sur l’art et la littérature, le tout sur fond de leçon de détermination.

C’est un décor grandiose qui se révèle dès le lever du rideau. Nous sommes dans le bureau d’un professeur de littérature à l’université qui attend avec scepticisme une nouvelle étudiante, Rita, issue d’un milieu modeste. Frank, amoureux de littérature classique et de poésie, approche de la retraite. Malgré tout son savoir, ce poète déchu, désabusé par sa profession, a trouvé refuge dans l’alcool.

Bien malgré lui, il acceptera de donner des cours particuliers de littérature à son étudiante, une jeune femme de 29 ans, coiffeuse et peu cultivée. Si elle est dépourvue de culture, elle a pour bagage de la volonté et de la motivation à revendre.

Soif d’apprendre

Campée dans les années 80, la pièce de Willy Russell déborde de préjugés. Le plus marquant est sans doute celui qu’une personne peu éduquée ne puisse s’élever en accédant à des études universitaires. C’est du moins ce que croyait Frank avant de faire la connaissance de Rita, cette jeune femme déterminée à donner tort aux préjugés.

Optimiste

Ce qui en fait une pièce réussie, c’est principalement l’évolution des deux personnages. Bien qu’ils soient aux antipodes, cette relation étudiante-professeur va être bénéfique tant pour l’un que pour l’autre. L’ancienne décrocheuse scolaire aura ce qu’elle souhaite en obtenant une nouvelle chance. Au prix de ses efforts, elle atteindra ses objectifs, et plus encore. Le professeur, séduit par le dynamisme de Rita, saura retrouver en lui l’étincelle éteinte depuis trop longtemps.

À travers son franc-parler et ses manières grotesques, Émilie Bibeau incarne parfaitement la fille populaire dépourvue de raffinement. Quant à Benoît Gouin, qui campe le professeur cultivé, un brin hautain, aux propos cyniques, il se fond dans la peau du personnage désabusé par l’alcool.

La mise en scène de Marie-Thérèse Fortin fait honneur au texte de Willy Russell. À la direction d’acteurs impeccable, s’ajoute une superbe scénographie où les détails reliés à cette époque sont minutieusement respectés.


L’éducation de Rita à l’affiche au Théâtre du Rideau Vert jusqu’au 20 avril.

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