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Du théâtre documentaire sur la grande tour

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Photo courtoisie, Espace Libre

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Tandis que les bureaux administratifs et les studios de la Société Radio-Canada à Montréal s’apprêtent à déménager dans une nouvelle Maison, le Théâtre Espace Libre a choisi de monter une pièce, en partie documentaire, sur l’histoire de la construction de la tour de la société d’État inaugurée en 1973 qui a engendré plusieurs expropriations dans l’arrondissement où se situe le théâtre.

C’est tout un quartier qui a été sacrifié en 1963, dans le Centre-Sud de Montréal, afin de construire au coût de 73 millions de dollars la Maison de Radio-Canada, une tour hexagonale de 23 étages et des studios au sous-sol.

La démolition du Faubourg à m’lasse, témoin du passé ouvrier de Montréal, qui a été rasé au début des années 1960 pour permettre la construction de la tour du diffuseur public et ses stationnements, a forcé quelques 5000 résidents, pour la plupart issus d’un milieu défavorisé, à quitter leur logement. Certaines familles délogées, à une époque où il n’y avait pas de baux et aucun recours, ne s’en sont jamais remises. D’autres ont perdu leur emploi.

La société d’État a récemment décidé de déménager de nouveau. Quel impact cela aura-t-il sur ce quartier et quel a été l’impact sur la vie des citoyens qui ont tellement souffert lors de la construction de l’édifice du diffuseur national ?

« La pièce est une initiative de l’auteure Gabrielle Lessard », lance la comédienne Catherine Paquin-Béchard qui figure dans la distribution. « Elle a fait beaucoup de recherche et plusieurs rencontres. »

Trois destins

Si au départ, la pièce est basée sur des faits réels et historiques, la fiction entrera en jeu grâce aux trois personnages campés à trois époques charnières. On suivra leurs destins et les bouleversements qui y sont liés.

Étant donné que le Faubourg à m’lasse a été est charcuté une première fois dans les années 1920, lors de la construction du pont Jacques-Cartier, puis dans les années 1950 pour l’élargissement de la rue Dorchester, qui plus tard deviendra le boulevard René-Lévesque, un premier personnage sera associé à cette époque.

« Un deuxième personnage sera lié aux années 1960-1970, au développement culturel et journalistique de Radio-Canada, et un troisième personnage sera campé aujourd’hui pour évoquer ce qu’il reste de tout cela, révèle Catherine Paquin-Béchard­­­. Les trois personnages vont s’entrecroiser. »

À travers les époques

Le personnage campé par Catherine Paquin-Béchard, qui est celui de notre époque, est une jeune femme qui vit en région et qui rêve de devenir actrice et de s’installer à Montréal. « Elle a toujours vu la tour de Radio-Canada comme un symbole de réussite », souligne la comédienne. Arriver à se tailler une place dans ce milieu représentera pour elle une forme d’accomplissement. « On suivra tout son parcours depuis ses études », ajoute-t-elle.

Tous les personnages seront découverts depuis leur jeunesse et on suivra leur cheminement. L’une d’elles travaillait dans une usine du Faubourg à m’lasse. Quant au troisième personnage, il s’agira d’un garçon dont le père était journaliste à Radio-Canada­­­ dans les années 1960. « Il s’interroge sur la culture et l’information », indique l’actrice.

La pièce remet aussi en question le rôle du diffuseur public.

Par ailleurs, on pourra voir Catherine Paquin-Béchard au Théâtre d’Aujourd’hui dans la pièce Chansons pour filles et garçons perdus à compter du 23 avril prochain.

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  • Auteure et metteuse en scène : Gabrielle Lessard 
  • Distribution : Catherine Paquin-Béchard, Sébastien René et Anne Trudel
  • Du 21 mars au 6 avril
  • Au Théâtre Espace Libre