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[PHOTOS] Voici 10 lieux où l'on trouvait de belles fleurs à Québec

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Québec est une ville nordique. Cela ne nous empêche pas d'y trouver de belles fleurs, toute l'année, chez les fleuristes.   

Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, les communications et le transport n'étaient pas aussi faciles qu'ils le sont aujourd'hui.    

Néanmoins, les classes les plus aisées ne se privaient pas de fleurs, et même les gens les moins fortunés pouvaient malgré tout s'en procurer.    

C'est qu'on retrouvait dans la capitale de nombreuses serres, aussi bien publiques que privées.    

Souvent, ces serres sont construites par des amateurs d’horticulture et de botanique qui y cultivaient des végétaux exotiques. Suivez le guide.   

1. La serre du château Saint-Louis   

Serre du Château Saint-Louis vers 1818, Bibliothèque et Archives Canada.
Serre du Château Saint-Louis vers 1818, Bibliothèque et Archives Canada.

C'est en 1781 qu'on dote le château Saint-Louis d'une serre chaude, probablement la première aménagée à Québec.    

Elle était située au sud du château, en bordure de la falaise.    

Il s'agissait d'un bâtiment aux murets de maçonnerie plutôt bas sur lesquels s'élevait une toiture à deux versants dont celui faisant face au sud était en verre.    

Elle était chauffée par le soleil et surtout par un poêle de briques.    

Cette serre utilitaire est convertie en jardin d'hiver en 1815. Elle sera abandonnée en 1834 lors de l'incendie du château.   

2. Le jardin des Gouverneurs   

Serre du jardin des Gouverneurs vers 1879, Henderson, Musée McCord MP-1980.47.67.
Serre du jardin des Gouverneurs vers 1879, Henderson, Musée McCord MP-1980.47.67.

Durant une très courte période de temps, vers 1880, on a retrouvé une serre située en bordure de la terrasse Dufferin, en contrebas de la rue des Carrières.    

Il n'en existe qu'une seule photographie.    

Sur celles croquées lors de l'inauguration de la terrasse en juin 1879, elle n'y est pas et dans Le Journal de Québec du 16 février 1881, on annonce que le verre et la charpente de la serre de la terrasse Dufferin sont mis en vente.    

Elle aura existé à peine plus d'une année.    

Elle servait vraisemblablement aux besoins du jardin des Gouverneurs et de la place d'Armes.   

3. Holland House   

Holland House, Bibliothèque et Archives Canada.
Holland House, Bibliothèque et Archives Canada.

À la suite de la Conquête britannique, le major Samuel Holland, le premier arpenteur-général de la nouvelle Province of Quebec, acquiert un terrain où on retrouve aujourd'hui le parc Samuel-Holland.    

En 1767, il se fait construire une villa de style classique.    

En 1843, George O’Kill Stuart achète ce domaine et fait démolir la villa. Cinq ans plus tard, l'architecte Edward Staveley lui en dessine une nouvelle.    

Il y ajoute une grande serre en berceau surmontée d'une coupole qui se marie parfaitement avec le style néo-gothique de la villa.    

Cette structure de verre s'harmonise admirablement au vaste parc boisé où elle est implantée. Holland House est démolie en 1967, probablement en même temps que la serre.   

4. Spencer Wood   

Spencer Wood vers 1900, BAnQ, Fonds J.E. Livernois Ltée.
Spencer Wood vers 1900, BAnQ, Fonds J.E. Livernois Ltée.

En 1834, Henry Atkinson achète le domaine de Spencer Wood, qui correspond à l'actuel parc du Bois-de-Coulonge.    

Atkinson affectionne le jardinage et la nature.    

Il transforme le domaine en un vaste jardin de fleurs, légumes et arbres fruitiers. Il construit des serres où poussent notamment des orchidées et même des ananas.    

En 1852, il vend le domaine au gouvernement pour en faire la résidence du gouverneur.    

À la suite d'un incendie, la maison est reconstruite en 1863.    

En 1889, l'architecte Paul Cousin y annexe une serre à la toiture circulaire.    

L'ensemble est détruit en 1966 par un incendie.    

5. Spencer Grange   

Spencer Grange vers 1865, BAnQ, Fonds J.E. Livernois Ltée.
Spencer Grange vers 1865, BAnQ, Fonds J.E. Livernois Ltée.

Lors de la vente de Spencer Wood au gouvernement, Henry Atkinson s'était gardé une parcelle du domaine avec sa résidence secondaire pour y demeurer.    

Il s'agit de Spencer Grange. La villa qui s'y trouve est construite en 1844.    

Atkinson y avait également construit une serre où poussaient notamment des oranges, des pêches, des amandes et des figues. Quand même étonnant.    

En 1860, lors de son mariage avec la nièce d'Atkinson, James MacPherson Lemoine acquiert le domaine.    

Il va se servir de la serre pour y cultiver la vigne.    

En 1864, en marge de la Conférence de Québec qui mènera à la Confédération, il organise chez lui un premier Festival de la vigne.    

De nos jours, la serre n'existe plus, mais Spencer Grange est toujours en place sur l'avenue Duquet.    

6. Le parc Victoria   

Serre chaude du parc Victoria en 1897, BAnQ, fonds Philippe Gingras.
Serre chaude du parc Victoria en 1897, BAnQ, fonds Philippe Gingras.

En 1896, le maire Simon-Napoléon Parent décide d'ouvrir un parc en Basse-Ville pour améliorer la qualité de vie des classes laborieuses de Saint-Roch et de Saint-Sauveur.    

Il l'aménage sur une presqu'île formée par les méandres de la rivière Saint-Charles.    

L'ingénieur de la Ville, Charles Baillairgé, et le jardinier Sébastien Siné transforment une zone marécageuse en lieu de détente.    

On y retrouve un restaurant surmonté d'une tour d'observation ainsi qu'une serre chaude pour y cultiver les plantes et fleurs qui seront plus tard transplantées dans le parc.    

Il s'agit d'un long bâtiment à deux versants vitrés au centre duquel se trouve une partie surélevée en arc brisé.    

Le parc est inauguré en 1897.    

Aujourd'hui, la serre n'existe plus.   

7. Les serres du gouvernement   

Serres face au bastion des Ursulines entre 1927 et 1940, Défense nationale.
Serres face au bastion des Ursulines entre 1927 et 1940, Défense nationale.

Dès la fin de la construction de l'hôtel du Parlement, ses parterres sont aménagés et ses intérieurs sont agrémentés de fleurs et de plantes variées.    

La culture de toute cette végétation se faisait dans les serres de Spencer Wood.    

En 1915, on construit une grande serre, en face du parlement, immédiatement à l'avant du bastion des Ursulines.    

Historiquement, cet espace avait toujours été dégagé pour répondre à des impératifs de défense, mais depuis plusieurs années, on y retrouvait des terrains de tennis.    

Six ans plus tard, on construit une seconde serre, en hauteur celle-là, puisqu'elle était destinée à la culture des palmiers, lauriers et caoutchoucs.    

Ces serres demeureront en place jusqu'au début des années 1960.    

On retrouve désormais à cet endroit des allées et des escaliers, ainsi qu'une entrée piétonne pour accéder au stationnement souterrain D'Youville.   

8. H.W. McKenna   

Publicité du fleuriste H.W. McKenna publiée dans un journal de Québec le 17 avril 1919.
Publicité du fleuriste H.W. McKenna publiée dans un journal de Québec le 17 avril 1919.

Si les gens des classes aisées pouvaient cultiver des fleurs sur leurs propriétés, cela ne signifie pas que les gens moins bien nantis en étaient privés pour autant.    

Quelques fleuristes possédaient leurs serres et vendaient leur production à la population.    

Ainsi, en 1915, Henry William McKenna ouvrait sa boutique de fleurs du côté sud de la rue Saint-Jean, au pied de la côte de la Fabrique.    

Ses publicités affirmaient alors qu'il s'agissait du plus grand établissement de fleurs au Canada.    

Au fil du temps, le fleuriste aura quelques points de vente aux quatre coins de la ville.    

La boutique de la rue Saint-Jean sera en activité jusque dans les années 1980.    

En 2019, il existe toujours une succursale à Sainte-Foy, ce qui en fait un fleuriste plus que centenaire.   

9. Bardou   

Publicité de Bardou Fleuriste publiée dans un journal de Québec du 31 mars 1931.
Publicité de Bardou Fleuriste publiée dans un journal de Québec du 31 mars 1931.

Arrivé de France au début du XXe siècle, le couple Anna Diesbourg et Alexandre Bardou s'installe dans le Vieux-Québec où ils ouvrent, en 1925, leur épicerie.    

Leurs enfants travailleront avec eux, à l'exception d'Alexandre-Frédéric.    

Celui-ci s'installe à Lauzon où il se fait jardinier.    

Il travaille à la création de parcs publics et privés et il cultive dans ses serres des fleurs qu'il vend coupées, en gerbes, en couronnes et en bouquets.    

En 1930, il s'installe sur le chemin Saint-Louis où il ouvre boutique.    

À partir de ce jour, le patronyme Bardou sera associé à la bonne chère et aux belles fleurs.    

De nos jours, la boutique a toujours pignon sur le chemin Saint-Louis, à quelques pas de l'emplacement original.    

10. La Saint-Valentin   

Publicité tirée du journal le Quebec Chronicle du 14 février 1916.
Publicité tirée du journal le Quebec Chronicle du 14 février 1916.

À la lecture des points précédents, on observe que les serres privées se retrouvaient généralement dans la société anglophone.    

Il est vrai que c'était surtout ces gens qui possédaient des villas.    

Néanmoins, même à l'occasion d'une fête aussi populaire que la Saint-Valentin, les journaux francophones de la ville de Québec du début du XXe siècle n'en faisaient pas mention, alors que dans la presse anglophone, on retrouvait des publicités destinées aux amoureux.    

N'y avait-il donc que les anglophones de romantiques?    

Il est amusant de constater que la fleuriste de cette publicité du Quebec Chronicle était pourtant francophone.    

C'était madame Thomas Lemieux dont le commerce était situé du côté sud de la rue Saint-Jean, entre les rues Saint-Stanislas et Sainte-Angèle.   

Un texte de Jean-François Caron  

Vous pouvez consulter la page Facebook de la Société historique de Québec en cliquant ici et le site web en vous rendant ici.