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Début du procès du site web «Journal de Mourréal»

Le propriétaire du Journal de Montréal reproche l’utilisation de sa marque

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La poursuite de MédiaQMI contre le site « Journal de Mourréal » ne vise pas à bâillonner la parodie, mais plutôt à se protéger contre une entreprise utilisant sa marque pour générer des revenus, a affirmé l’avocat du groupe de presse lundi.

« MédiaQMI est pour la liberté d’expression. Le but de ce recours n’est pas de faire taire la satire et encore moins de faire fermer le site du défendeur », a dit l’avocat Marek Nitoslawski, à l’ouverture du procès civil au palais de justice de Montréal.

Janick Murray-Hall
Photo Chantal Poirier
Janick Murray-Hall

Depuis lundi, la juge Micheline Perreault entend la cause opposant l’organe de presse (dont fait partie Le Journal de Montréal) à Janick Murray-Hall, cofondateur avec Olivier Legault du site web « Journal de Mourréal ».

Une simple recherche sur internet montre que le site utilise une graphie similaire à celle du quotidien.

Olivier Legault
Photo Chantal Poirier
Olivier Legault

« Nous nous battons contre une réputation qui n’est pas méritée, nous avons le plus important bureau d’enquête au Québec, dont les reportages retentissent jusqu’au Parlement, a témoigné le vice-président contenu numérique de QuébecorMédia, Mathieu Turbide. Quand on voit notre marque ridiculisée, ç’a un impact. »

Machine à clics

Dans ses remarques d’ouverture, Me Nitoslawski a donné en exemple le changement du logo du Journal de Montréal en octobre 2013. À peine deux jours plus tard, le « Journal de Mourréal » a lui aussi modifié le sien.

« Il y a eu une reprise de la représentation graphique. Tout est fait dans le but de générer des clics, donc des revenus, a expliqué l’avocat. Le Journal de Montréal, c’est une marque protégée par la Loi sur les marques de commerce. »

Mathieu Turbide, de son côté, a rappelé l’importance pour les médias traditionnels de trouver leur place dans l’écosystème internet.

Marek Nitoslawski. Avocat
Photo Chantal Poirier
Marek Nitoslawski. Avocat

« À l’ère des fausses nouvelles, beaucoup se font passer pour des vrais médias, a-t-il dit. Le nom [d’un média] devient très important. »

Liberté d’expression

M. Murray-Hall, qui se défend seul, compte quant à lui plaider la liberté d’expression. Le Montréalais a d’ailleurs insisté sur l’aspect parodique de son site web.

« Il faut faire la démarcation entre les fausses nouvelles et les fausses nouvelles satiriques », a dit à la cour l’homme, qui est aussi le fondateur du World News Daily Report, un site anglophone rapportant des fausses nouvelles.

En point de presse, M. Legault s’est défendu de jouer sur la confusion des noms.

« Est-ce que ça arrive ? a-t-il demandé. Ça se peut, mais si les gens sont négligents, ce n’est pas toujours de notre faute. Si les gens peuvent être trompés, ce n’est pas mon problème. »

Le procès civil se poursuivra mardi, avec entre autres le témoignage d’un expert en communications.