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La GRC déserte l’escouade québécoise antimotards

La police fédérale vient de rapatrier les huit enquêteurs qu’elle prêtait à l’ENRCO

GEN-Le Hells Angels Daniel-André Giroux de retour au Québec
Photo Agence QMI, Mario Beauregard L’escouade ENRCO a notamment arrêté le Hells Angel Daniel-André Giroux après 10 mois de cavale, l’hiver dernier, en République dominicaine.

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L’escouade policière d’élite chargée de traquer les Hells Angels au Québec devra se passer de la Gendarmerie royale du Canada.

Le Journal a appris que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a décidé en mars de rapatrier les huit enquêteurs qu’elle prêtait depuis deux ans à l’Escouade nationale de répression contre le crime organisé (ENRCO).

« Ce n’est pas tant un retrait qu’un repositionnement de nos ressources qui sont limitées. L’objectif est de les concentrer davantage sur des enquêtes d’envergure sur le crime organisé transnational », nous a précisé la sergente Camille Habel, en assurant qu’il n’y a « pas de chicane » entre organisations policières.

L’ENRCO, dont la mission est de s’attaquer aux têtes dirigeantes des Hells et des autres gangs criminalisés, est la plus récente incarnation de l’escouade Carcajou, formée dans les années 1990 pendant la sanglante guerre des motards au Québec.

Selon nos informations, c’est la Sûreté du Québec qui comblera elle-même le vide causé par la GRC en réassignant huit de ses enquêteurs à l’ENRCO, qui en compte une soixantaine au total.

Déjouer les importations

La décision de la police fédérale peut surprendre dans le contexte où le travail d’équipe entre corps policiers représente le modèle suivi depuis de nombreuses années dans la lutte au crime organisé.

Mais d’après nos sources, la GRC compte ainsi mettre plus d’efforts pour contrer elle-même l’importation de drogues comme la cocaïne, l’héroïne et la méthamphétamine, ainsi que des opioïdes comme le fentanyl.

L’un de ses hauts gradés en a d’ailleurs donné un aperçu à Halifax, vendredi dernier, lors d’un colloque du ministère fédéral de la Sécurité publique.

Le sous-commissaire Gilles Michaud a alors déploré la hausse de la demande, de la consommation et de la production de drogues synthétiques au Canada.

L’implication des motards criminels et des diverses souches mafieuses s’est également accrue dans l’importation, l’exportation et la distribution de ces drogues « qui ont une incidence si détestable sur nos collectivités », a-t-il martelé, en citant les cartels mexicains et les fournisseurs chinois parmi les partenaires d’affaires du crime organisé canadien.

L’ENRCO

L’escouade est maintenant formée d’une soixantaine de membres de la Sûreté du Québec et des services de police de Montréal, de Laval, de Québec et de Lévis.

En avril 2018, son opération Objection a permis plus de 60 arrestations, dont celles de quatre membres en règle des Hells pour avoir contrôlé des territoires de vente de cocaïne et de méthamphétamine dans plusieurs régions.