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Pour en finir avec la Dorionmania

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Je vous fais une prédiction : d’ici quelques jours, si ce n’est pas déjà fait, des internautes vont afficher le slogan #jesuiscatherine. Exactement comme en 2015, quand on s’affichait #jesuischarlie, pour défendre la liberté de parole des victimes de l’attentat terroriste islamiste de Charlie Hebdo.

Ce mot-clic sera adopté par d’ardents défenseurs de la liberté d’expression, convaincus que si Catherine Dorion perd son poste de chroniqueuse au FM93 et reçoit des mises en demeure, c’est pour la faire taire.

Sauf que, chers amis, Catherine Dorion n’est pas Wolinski, ce brillant caricaturiste mort au bout de son sang pour avoir défendu le droit de rire des curés et des imams, des politiciens et des artistes.

ELLE N’EST PAS UNE VICTIME

Rappelez-vous que Catherine Dorion a associé des chroniqueurs du Journal (Denise Bombardier, Lise Ravary, Richard Martineau, Mathieu Bock-Côté et moi-même) et des animateurs de radio de Québec (Éric Duhaime et Jeff Fillion) à des actes de violence, des crimes odieux et abjects. Elle nous a tous mis dans le même panier et elle a lancé la pire des accusations : on aurait du sang sur les mains.

Ce que Catherine Dorion n’a pas compris, c’est que la liberté d’expression n’est pas absolue. Dans toutes les sociétés de droit, elle est balisée.

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Sauf que les balises, ça la fait rire, Catherine Dorion.

Dans la vidéo qu’elle a publiée hier, cette notion de « limites » à la liberté d’expression est ridicule à ses yeux. Elle trouve ça hilarant que l’avocat de CHOI rappelle que la liberté d’expression se termine là où commence la diffamation.

On ne peut pas dire ce qu’on veut, comme on veut, sur qui on veut. Genre.

Ce n’est pas une injustice, c’est une limite juste et légitime aux torts que l’on peut infliger aux autres par nos propos. Genre.

La loi est dure, mais c’est la loi. Comme.

Cette règle de droit s’applique autant aux artistes qui portent des tuques qu’aux vilains capitalistes en veston-cravate.

LA SAVEUR DU MOIS

Selon moi, la Dorionmania est symptomatique d’un certain engouement pour tout ce qui est « jeune et différent ».

Dans les médias, on n’arrête pas de tendre des micros à plein de personnes immatures, au discours enfantin, dépourvues de toute connaissance historique, mais qui séduisent parce qu’elles sont « rafraîchissantes ».

Si vous saviez comme je déteste cette expression. Gardons-la pour les boissons désaltérantes, en pleine canicule.

À tout prendre, j’aime mieux une vieille sèche qui a de la réflexion, qu’une jeune fraîche qui est incapable d’organiser son discours.

J’espère que tous les commentateurs, analystes, personnalités publiques et autres qui ont trouvé Catherine Dorion « rafraîchissante » quand elle a fait irruption sur la scène politique ressentent un début de gêne aujourd’hui.

Alors qu’eux voyaient en elle un vent de fraîcheur, les lucides voyaient un ton sec et intransigeant à la « Crois ou meurs ». Alors que certains entendaient chez elle un discours « différent », les lucides reconnaissaient chez elle un discours rabâché mille fois dans les milieux progressistes, anarchopandistes, anticapitalissssses.

LES PENDULES À L’HEURE

Êtes-vous vraiment surpris que la députée de Québec solidaire se soit fait montrer la porte du FM93 à Québec ? Selon moi, ce qui est surprenant, c’est qu’on lui ait justement ouvert la porte.