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Le syndicat de l’ABI se sent trahi par le premier ministre

La rencontre de conciliation entre les parties syndicale et patronale n’a rien donné

ABI Bécancour
Photo Amélie St-Yves Une trentaine de travailleurs surveillaient les allées et venues à l'entrée principale de l’Aluminerie de Bécancour, mercredi. Une délégation du syndicat des Métallos prévoit se rendre à Pittsburgh pour une assemblée des actionnaires, le 7 mai. 

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BÉCANCOUR | Le premier ministre François Legault a choisi le camp d’une multinationale américaine et a nui aux négociations en cours, déplore le syndicat de l’Aluminerie de Bécancour, en lock-out depuis 15 mois.

Le dialogue de sourds se poursuit dans le dossier de l’Aluminerie de Bécancour (ABI), qui n’a pas avancé depuis janvier 2018. La partie patronale a refusé la contre-offre syndicale mercredi, et le premier ministre y est pour quelque chose, selon le syndicat.

François Legault a réitéré mercredi publiquement que le syndicat devait faire des concessions, ce qui a conforté l’employeur dans sa position, selon le représentant syndical Clément Masse.

Clément Masse<br>
<i>Représentant syndical</i>
Photo Amélie St-Yves
Clément Masse
Représentant syndical

Legault se défend

« Les propos du premier ministre n’ont pas aidé, ont nui à nos chances de relancer les négociations », a-t-il déclaré mercredi, à la suite d’une rencontre de conciliation qui n’a rien donné.

M. Legault s’est pour sa part défendu d’envenimer les négociations.

« Dans le cas d’ABI, j’ai bien écouté pendant plus d’une heure chaque partie et j’en conclus qu’actuellement, les demandes syndicales ne sont pas raisonnables », a-t-il indiqué lors d’une mêlée de presse.

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Fermetures

Le syndicat croit que le premier ministre pourrait craindre la fermeture de la demi-série de cuves, en raison de l’épuisement de ses membres et du départ à la retraite de certains. Cette menace a été verbalisée par l’employeur à la rencontre de conciliation.

Normalement, l’Aluminerie de Bécancour opère trois séries de cuves de métal en fusion. L’arrêt de la dernière série actuellement opérée par les cadres pourrait ralentir un éventuel redémarrage, qui coûterait par ailleurs encore plus cher.

« La fermeture des cuves, ce n’est pas quelque chose d’insurmontable, mais c’est sûr que ça lance un message négatif de la part de l’employeur. Ça ne lance pas un message comme quoi l’employeur veut se rasseoir pour négocier », a dit Clément Masse.

Il indique par ailleurs que l’employeur ne voulait pas discuter de la contre-proposition que le syndicat a déposée le 21 mars dernier, à la suite du rejet de la dernière offre patronale. Le syndicat y proposait entre autres une réduction de 103 postes. La direction a plutôt choisi de remettre l’offre précédente sur la table, qui avait pourtant été rejetée à 82 % par les syndiqués le 11 mars.

Tannés

Le moral n’était pas très bon sur la ligne de piquetage à Bécancour, mercredi après-midi, à la suite de ces derniers déboires.

« Le syndicat avait fait beaucoup de concessions. Malheureusement, la compagnie n’est pas prête à repartir l’usine et préfère se retirer », a dit le travailleur Kevin Lacroix.

La direction de l’ABI a refusé notre demande d’entrevue.

UN GRAND PRODUCTEUR D’ALUMINIUM

► Nombre d’employés syndiqués à l’Aluminerie de Bécancour : 1030 

► 430 000 tonnes métriques d’aluminium produites par année, sous forme de lingots, de plaques et de billettes

► 75 % de l’entreprise est détenue par Alcoa et 25 % par Rio Tinto, dont les sièges sociaux sont situés respectivement à Pittsburgh et à Londres.