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De Bernard Derome à Pierre Bruneau

Pierre Bruneau
Photo PIerre-Paul Poulin Pierre Bruneau

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Dans le milieu professionnel des communications, on appelle ces hommes « chefs d’antenne ». Pour le commun des mortels, ils sont ceux qui annoncent les « vraies » nouvelles, tout le contraire des « fake news ».

C’est vrai qu’à l’époque où l’un et l’autre sont devenus chefs d’antenne, on ne parlait pas encore de « fake news ». D’ailleurs, ni Derome ni Bruneau n’auraient osé lancer sur les ondes des rumeurs. Une rigueur à laquelle de moins en moins de réseaux s’astreignent, à commencer par Fox News, la chaîne américaine d’information continue.

Au début de la télévision, ni Radio-Canada ni Télé-Métropole n’avaient imaginé l’ascendant que prendraient auprès des téléspectateurs les lecteurs de nouvelles. Les annonceurs se succédaient alors à la barre du téléjournal selon leurs disponibilités. Je ne saurais dire si c’est l’influence qu’exerçaient auprès des téléspectateurs américains les Walter Cronkite, Tom Brokaw ou Peter Jennings qui fit réaliser à nos réseaux l’importance de ne pas confier leurs bulletins à tout un chacun.

DEROME, UN PIONNIER

Petit à petit, Bernard Derome s’est imposé comme LA VOIX de l’information à Radio-Canada. Pendant 28 ans, c’est sur lui qu’on a compté pour savoir ce qui se passait chez nous et dans le monde. Les soirs d’élection, c’est à Derome qu’on faisait confiance. Sa fameuse formule « si la tendance se maintient... » lui survivra longtemps. Pour des raisons que la SRC doit regretter encore, on a jugé en 1998 que l’homme était trop vieux, qu’il était temps de confier l’affaire à un plus jeune. Le téléjournal ne s’en est jamais relevé.

Cette malheureuse décision a permis à Pierre Bruneau de devenir la nouvelle référence en matière d’information. C’est grâce à lui que TVA a établi une crédibilité qui n’a rien à envier à celle du diffuseur public. Comme Derome, Bruneau aussi a forgé une formule qui lui survivra : Voilà comme nous avons vu ce jeudi... ou ce mardi ou mercredi selon le jour de la semaine.

LA DESCRIPTION DE CLAUDE CHARRON

Dans sa préface à la biographie de Pierre Bruneau, qui vient de sortir en librairie, l’ancien ministre Claude Charron décrit bien ce qu’on attend d’un chef d’antenne. « Quand l’actualité se fait déroutante, écrit-il, c’est vers lui qu’on va pour se faire raconter ce qui se passe. On veut le voir poser les questions qui taraudent tout le monde. On apprécie ce mélange de douceur et de fermeté pour obtenir l’explication qu’on retiendra. On compte sur lui pour entendre des mots simples... »

Il n’y a pas de règles écrites pour un chef d’antenne, mais, de toute évidence, les téléspectateurs s’attendent à ce qu’il soit de la plus grande probité, intègre, droit et sincère. Ce sont des vertus qu’on n’oserait à peine exiger d’un politique, d’un curé ou d’un notaire. Je connais assez Pierre Bruneau pour affirmer qu’il me semble bien posséder toutes ces qualités.

En recevant son premier trophée comme animateur d’une émission d’information – un Métrostar –, Bruneau avait déclaré en ondes : « Maintenant qu’on a le trophée, on va essayer de le mériter! » La direction de TVA n’avait guère apprécié son commentaire, mais elle n’a plus à s’en faire.

Grâce à Pierre Bruneau, TVA mérite bien l’estime dans laquelle on tient maintenant son information.