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«L’origine de mes espèces»: la sensible quête d’identité de Michel Rivard

«L’origine de mes espèces»: la sensible quête d’identité de Michel Rivard
PHOTO COURTOISIE MARC-ÉTIENNE MONGRAIN

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MONTRÉAL | Michel Rivard joue d’audace avec son nouveau projet, L’Origine de mes espèces, une «pièce de théâtre en solitaire» musicale dans laquelle l’auteur-compositeur-interprète raconte sans artifices une partie floue de sa jeunesse et rend hommage à ses parents avec verve, vulnérabilité et authenticité.

Ce long monologue de Michel Rivard, entrecoupé de chansons toutes neuves utiles à ce seul contexte, est beaucoup plus qu’une simple tirade biographique et relève d’une réflexion en profondeur.

«L’Origine de mes espèces, c’est surtout un grand secret qui a ébranlé la vie d’adulte de Michel Rivard et l’a amené à remettre en question les fondations même de son existence.

C’est un mystère qui donne tout son sens au titre du spectacle. C’est une vérité qui s’est «câlissée de [lui] pendant 66 ans», argue-t-il, sur laquelle on n’aura peut-être pas fait toute la lumière au terme de l’heure quarante que dure la prestation, mais qui s’avère constituer une fichue de bonne histoire pour une production théâtrale.

«L’origine de mes espèces»: la sensible quête d’identité de Michel Rivard
PHOTO COURTOISIE

C’est un drame d’abord individuel qui prend des proportions universelles dans la prose aussi poétique que populaire de Michel Rivard, qui sait toujours autant dépeindre les beautés de Montréal – il faut l’entendre évoquer le parc La Fontaine, la ruelle Marquette ou son précieux Dupuis Frères – que ses tourments personnels dans sa langue familière avec laquelle il joue comme personne.

Entourage chevronné

Rivard n’a pas lésiné sur les moyens pour son escapade sur les planches, s’entourant de créateurs chevronnés capables de matérialiser avec grâce ses fantasmes artistiques.

À la mise en scène, Claude Poissant a offert un terrain de jeu dépouillé à son sujet, tempérant les ardeurs de comédien déjà sobres de ce dernier. N’oublions pas que Michel Rivard, qui se définit comme un «auteur-compositeur-interprète à plein temps et comédien à temps partiel», a souvent joué, récemment dans 30 vies, dans Rue des pignons ou dans le Bye Bye.

Dans L’Origine de mes espèces, jamais il n’en fait trop, et ses différents tableaux ne versent jamais dans une inutile grandiloquence. Les mouvements comme les propos sont mesurés, étudiés, significatifs. On voyage en glissant le bout du nez dans l’embrasure de cette porte érigée en coin de scène, qui reflète diverses époques ou situations, ou en observant ces guitares et ce tourne-disque emblématiques d’un passé aujourd’hui questionné.

«L’origine de mes espèces»: la sensible quête d’identité de Michel Rivard
PHOTO COURTOISIE

Aux arrangements et «atmosphères» musicaux, le très occupé Philippe Brault – qui a collaboré avec tout ce qui grouille dans l’industrie du disque d’ici ces dernières années, d’Ariane Moffatt à Pierre Lapointe, en passant par Koriass, Safia Nolin et Luc De Larochellière – a parfaitement épousé le style folk – jamais dénaturé dans la pièce – de celui qu’il sert et porté ses polaroïds d’une vie incertaine, dont les récits débités pourraient devenir chansons, et vice-versa.

Sur scène, Rivard est accompagné du musicien Vincent Legault, et la dame de théâtre Alexia Bürger a agi à titre de conseillère dramaturgique.

Le livre-disque de L’Origine de mes espèces, disponible vendredi, est le parfait complément à cette fresque intimiste, qui réveillera sans doute des souvenirs chez plusieurs. On voudra le lire et le relire, et l’écouter sans se lasser après la représentation pour s’imprégner pleinement de l’univers du chanteur, rattraper ces savantes et imagées tournures de phrases dont seul un Michel Rivard a le secret, qui nous auraient échappées à la première écoute.

Cette sensible et touchante quête d’identité, parsemée des douces touches de l’humour qu’on connaissait déjà à Rivard, lequel signe tous les textes, parlés comme chantés, occupe présentement la petite salle du Théâtre La Licorne. L’ex-Beau Dommage se relate dans l’établissement de l’avenue Papineau à guichets très fermés jusqu’au 18 avril, mais partira ensuite en tournée au Québec et reviendra en supplémentaires au Théâtre Jean-Duceppe, à Montréal, du 28 novembre au 7 décembre prochain.

Pour toutes les dates de la tournée L’Origine de mes espèces, consultez le site officiel de Michel Rivard (michelrivard.ca).