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«Journal de Mourréal»: Anne-Marie Dussault a livré un témoignage émotif

La journaliste de Radio-Canada a été victime d’une fausse nouvelle

La journaliste de Radio-Canada Anne-Marie Dussault a témoigné jeudi au palais de justice de Montréal des impacts qu’a eus sur elle une fausse nouvelle du site « Journal de Mourréal ». Elle est accompagnée sur la photo de Mathieu Turbide, vice-président contenu numérique de Québecor Média.
Photo Chantal Poirier La journaliste de Radio-Canada Anne-Marie Dussault a témoigné jeudi au palais de justice de Montréal des impacts qu’a eus sur elle une fausse nouvelle du site « Journal de Mourréal ». Elle est accompagnée sur la photo de Mathieu Turbide, vice-président contenu numérique de Québecor Média.

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Le créateur du site « Journal de Mourréal » a beau dire que son but est de faire rire, la journaliste Anne-Marie Dussault qui a fait les frais d’une fausse nouvelle ne partage pas son point de vue, a-t-elle témoigné jeudi.

« J’ai été victime d’une fausse nouvelle dont le but est d’induire le public en erreur », a déploré la journaliste qui anime l’émission 24-60 à Radio-Canada.

Mme Dussault a causé toute une surprise au palais de justice de Montréal, jeudi, en se manifestant pour témoigner au procès opposant le site web « Journal de Mourréal » à MédiaQMI.

Ce dernier, qui détient Le Journal de Montréal, reproche au site internet de s’approprier sa marque de commerce pour générer des profits.

Le but de la poursuite n’est pas de faire fermer le site, mais de l’amener à ne plus copier la propriété de MédiaQMI.

Impact réel

Toute la semaine, le fondateur du « Journal de Mourréal », Janick Murray-Hall, a souligné que son objectif était de faire rire. Mais pour Mme Dussault, une fausse nouvelle datant de 2015 qui prétendait qu’elle était en couple avec l’ancien ministre libéral de la Santé Gaétan Barrette n’était pas drôle.

« Tout était pareil que Le Journal de Montréal, c’est devenu viral », a-t-elle dit.

Et rapidement, des gens croyant qu’il s’agissait d’une vraie nouvelle tirée du Journal de Montréal l’ont questionnée. Elle a nommé en exemple l’ex-premier ministre Bernard Landry, décédé depuis, et le directeur général de l’Institut de la gouvernance, Michel Nadeau.

Même l’ombudsman de Radio-Canada avait été interpellé.

Pour tromper

Tout en rappelant être une grande consommatrice d’humour – son mari est un ancien membre des Cyniques –, Mme Dussault a soutenu que le but de la fausse nouvelle n’était pas de faire rire, mais de tromper.

« Ici, on est dans les effets de l’utilisation confondante d’un organe de presse crédible, a-t-elle dit. Il y a un lien entre l’utilisation du nom du Journal de Montréal et la diffusion [de la fausse nouvelle]. »

Penaud, M. Murray-Hall, qui se défend seul, s’est excusé en se disant « peiné » des conséquences. Mais il a semblé rejeter toute responsabilité en reprochant à Mme Dussault de ne pas l’avoir contacté pour retirer la fausse nouvelle.

« Si j’avais été mis au courant, je l’aurais enlevée tout de suite, a-t-il dit. Des excuses publiques me feraient plaisir. »

Mme Dussault a accepté les excuses, mais peu après, dans ses plaidoiries, M. Murray-Hall a réitéré que selon lui, il avait le droit de parodier l’organisme de presse.

Plus le goût d’écrire

« On ne se moque pas de l’entreprise, ça n’a pas de conséquence quand une personne réalise qu’elle s’est fait avoir », a-t-il ajouté, tout en déplorant que le litige lui a « gâché le goût d’écrire ».

L’avocat de MédiaQMI a toutefois rappelé que l’organe de presse n’avait rien contre la parodie, mais que là n’était pas la question.

« Ce qui importe ici, c’est l’atteinte à la marque du Journal. La défense de parodie ne s’applique pas à la Loi sur les marques de commerce », a plaidé Me Marek Nitoslawski.


► La juge Micheline Perreault a pris la cause en délibéré.