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À la recherche de lumière

Marianne Marceau pressent que le rôle de Christine de Suède sera marquant pour sa carrière

Christine, la reine-garçon
Photo courtoisie, Nicolas-Frank Vachon Les comédiens Marianne Marceau et Réjean Vallée lors des répétitions de Christine, la reine-garçon.

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Les répétitions ne sont pas encore terminées et Marianne Marceau le sait déjà. Le rôle de Christine de Suède sera, pour la comédienne, un moment marquant.

« Il reste le pas final à faire de la rencontre avec le public, mais j’ai l’impression que ça va être un tournant dans ma carrière. J’ai l’impression d’être à l’adolescence de ma carrière de comédienne », a-t-elle laissé tomber, lors d’un entretien.

La comédienne qu’on a vue dans L’Art de la chute et dans À toi pour toujours, ta Marie-Lou, parle d’une plongée enivrante.

« Ça m’a fait découvrir des états sur scène que je n’avais jamais rencontrés avant », a-t-elle précisé.

À l’affiche à La Bordée à partir du 16 avril, Christine, la reine-garçon raconte les aspirations de cette jeune femme, qui est montée sur le trône à 18 ans, et qui a eu pour objectif, entre 1650 et 1654, de sortir la Suède de sa noirceur.

Le dramaturge et scénariste Michel Marc Bouchard signe le texte de cette pièce qui a été créée à Montréal en 2012 et qui a été jouée à Stratford, en Ontario, à Chicago et à Genève, en Suisse.

« La Suède à l’époque était un pays luthérien. Un courant de pensée où l’on vit dans une nuance de gris, pour espérer le noir. Christine de Suède était face à une domination d’ombres et elle essayait d’amener de la lumière là-dedans », a-t-il raconté, dans la salle de répétition de La Bordée.

Michel Marc Bouchard
Photo Ben Pelosse
Michel Marc Bouchard

Un éventail de jeu

Michel Marc Bouchard a eu l’idée d’écrire cette pièce en travaillant sur le scénario du film The Girl King du réalisateur finlandais Mika Kaurismaki.

Le scénariste ne partageait pas la vision du réalisateur et il a écrit, en parallèle, ce qui allait devenir Christine, la reine-garçon. Il avait envie d’exprimer son point de vue.

Christine de Suède a tout fait pour doter son pays de bibliothèques et d’écoles. Elle était dotée d’une vaste culture et s’intéressait aux arts, aux lettres et à la science. Elle avait une quête d’émancipation et de sophistication.

« Une des phrases de la pièce qui la résume le mieux, c’est lorsqu’elle dit : “J’ai renié mon père, renié ma patrie, renié ma foi et renié tout ce que je suis pour être ce que je veux être” », a-t-il ajouté.

Marianne Marceau a parcouru deux biographies pour apprivoiser Christine de Suède. Elle a été instantanément séduite par le rôle de cette femme qui a été élevée comme un garçon.

« Il est rare qu’un rôle féminin offre un tel éventail de jeu. Elle est très sensible, vulnérable parfois et elle a des élans de colère, de majesté et d’autorité. C’est un personnage super nuancé. C’est un privilège », a-t-elle fait remarquer.

La comédienne a commencé à mémoriser le texte l’été dernier.

« Juste lire le texte, c’était effrayant. J’ai eu peur, en l’apprenant bien à l’avance, de plafonner et de ressentir, ensuite, un blocage. On trouve des affaires sans fin et nous sommes toujours nourris de nouveautés d’une répétition à l’autre », a-t-elle fait savoir, ajoutant que la plongée qu’elle se prépare à faire demeure tout de même stressante.


► Christine, la reine-garçon est présentée du 16 avril au 11 mai à La Bordée.