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Bombardier n’écarte pas un projet de fusion pour sa division de trains

Le président du conseil d’administration à la recherche du meilleur pour l’entreprise

Bombardier n’écarte pas un projet de fusion pour sa division de trains
Photo Jean-François Desgagnés

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Bombardier n’écarte pas un projet de fusion qui impliquerait sa division de trains (Transport) et un autre gros joueur mondial de l’industrie.

De passage vendredi à l’événement Robotique First à Québec, le président du conseil d’administration de Bombardier, Pierre Beaudoin, n’a pas caché que cette option pourrait faire partie du paysage de l’entreprise prochainement. 

«Il faut être à l’écoute et voir ce qui va être la meilleure chose pour l’entreprise à long terme. Je ne peux pas vous dire oui ou non aujourd’hui», a indiqué M. Beaudoin au Journal

Selon ce dernier, le projet de fusion qui vient d’avorter entre les constructeurs Alstom et Siemens en Europe pourrait ouvrir la porte à d’autres rapprochements possibles au sein de l’industrie ferroviaire mondiale. 

«Est-ce que cela va créer des opportunités, et que l’on devra être à l’écoute, dans le futur? Peut-être. Mais on n’est pas pressés», a laissé tomber M. Beaudoin. 

Le président du conseil de Bombardier a fait valoir que l’entreprise québécoise détenait en ce moment «tous les éléments nécessaires pour réussir seule et sans partenaire» dans le secteur ferroviaire. 

La division Transport (trains) de Bombardier, détenue à 30 % par la Caisse de dépôt et placement du Québec, vise un chiffre d’affaires de 10 milliards $ US en 2020. 

Depuis trois ans, le bénéfice d’exploitation de Bombardier Transport est passé de 657 M$ US à 895 M$ US, tandis que la marge a progressé de 8,7 % à 9,5 % des revenus. 

Consolidation en vue

Plusieurs analystes sont toutefois d’avis que Bombardier pourrait relancer les discussions avec la française Alstom en vue d’une fusion de leurs activités ferroviaires. 

Tout juste avant qu’Alstom annonce son projet de mariage avec Siemens, Bombardier aurait eu des pourparlers avec Alstom. 

La fusion Alstom-Siemens, pour laquelle la Commission européenne a opposé son véto en février dernier, aurait créé un géant du rail deux fois plus gros que Bombardier. 

«Le besoin de consolidation dans le secteur n’a pas disparu», a indiqué à l’agence Reuters l’analyste de la firme AltaCorp Capital, Chris Murray. 

D’après l’analyste, l’échec de l’alliance Alstom-Siemens offrirait à Bombardier «une palette plus large d’options» sur ses stratégies, notamment en matière de fusions. 

Tenir tête aux Chinois

Pierre Beaudoin soutient que Bombardier n’a pas à rougir face à la montée de nouveaux joueurs dans l’industrie du rail, dont le puissant constructeur chinois CRRC. 

«Les Chinois sont très bons. Mais Bombardier a une présence énorme en Chine, où on a 7000 employés. On fait des trains à haute vitesse, on fait des métros, on fait des monorails. On fait compétition dans leur pays, mais ils sont nos partenaires aussi. On les voit sur le marché international», a-t-il dit, en martelant que Bombardier devait continuer à «livrer les meilleurs produits au monde».