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Le beau risque de Michel Rivard

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À 67 ans, des poussières et moult albums mémorables, Michel Rivard pourrait se contenter de faire tourner des ballons sur son nez en ressassant de vieux hits en duo ou encore avec une guitare acoustique, voire un orchestre symphonique complet (comme il l’a d’ailleurs fait en 2008 sur Rivière... d’ailleurs). Mais non.

Michel Rivard

Photo courtoisie

★★★★

L’origine de mes espèces

Ainsi, en 2019, l’auteur-compositeur-interprète et comédien combine à nouveau ces deux talents pour une œuvre théâtrale à mi-chemin entre le concert intimiste et le monologue retraçant — vous l’aurez deviné — ses origines.

CE QUE ÇA DONNE SUR DISQUE...

L’origine de mes espèces, le LP, s’avère fort intéressant, bien qu’on sent — au fil des écoutes — qu’il est, en fait, un rouage (majeur, bien sûr) d’une mécanique plus imposante et complexe.

L’œuvre demeure entière et peut s’apprécier indépendamment de son déroulement sur les planches, mais on ne peut s’empêcher de l’espérer en complément. Voilà tout.

Rivard et le réalisateur Philippe Brault (qui a aussi collaboré avec Safia Nolin, Koriass et Pierre Lapointe par le passé) livrent également une production qui n’est pas sans rappeler la série d’albums American de Johnny Cash.

RIVARD ET CASH, MÊME COMBAT (OUI, OUI !)

Tout comme la fameuse collaboration réunissant le producteur Rick Rubin et l’Homme en noir, le duo derrière L’origine de mes espèces opte pour une simplicité volontaire désarmante.

Aussi à souligner : l’interprétation et le grain de la voix de la légende vivante qui se prête bien à l’exercice proposé : un état des lieux en musique folk pop.

Sarahmée

Photo courtoisie

★★★★½

Irreversible

C’est avec la mâchoire au sol et la dopamine dans le proverbial tapis qu’on se sort de la première écoute de l’artiste locale... et le plaisir croît avec l’usage, si vous me permettez la formule éculée. Sur ce LP, la chanteuse et rappeuse s’impose avec un flow explosif, des rimes qui épatent et des rythmiques aussi pop que « world » (moombathom, cumbia et j’en passe). Loin d’être une nouvelle venue dans le milieu, Sarahmée semble toutefois tenir « ze » album qui la consacrera auprès du grand public d’un océan à l’autre et, surtout, d’ailleurs. Je vous parie 5 $ qu’Irreversible se retrouvera sur plusieurs décomptes des meilleurs disques de l’année.

Billie Eilish

Photo courtoisie

★★★★

When We All Fall Asleep, Where Do We Go?

Sensation pop du moment, Billie Eilish faisait face à des attentes incommensurables à l’approche de la parution de ce premier LP à l’effervescence bouillonnante. Si l’interrogation coiffant l’œuvre est libre à toutes interprétations, la réponse à la question à 100 $ — est-ce à la hauteur ? — est sans équivoque : oui. Sans être une révolution — les amateurs de Bat For Lashes, voire de Klô Pelgag, seront en terrain connu —, Billie Eilish propose une pop très champ gauche, sombre et expérimentale, tout en demeurant étrangement accessible. Et tout cela dès son premier LP !

Eman

Photo courtoisie

★★★½

Maison

Le 29 mars dernier, le rappeur Eman (Alaclair Ensemble, Eman X Vlooper, etc.) lançait ce EP surprise étonnant. Se détachant momentanément de Vlooper et de la majorité de ses partenaires du Alaclair High (on note que Claude Bégin demeure au mixage), Eman livre un maxi — dont il signe également les mélodies, soulignons-le — souvent plus en phase avec l’offre rap actuelle qu’à l’habitude. Bien qu’on pourrait lui « reprocher » ce retour dans le « droit chemin », l’artiste épate. Même dans un pan du marché hyper sclérosé, il se distingue à nouveau. Bien joué, donc.

Coup de coeur

PUP

Photo courtoisie

★★★★

Morbid Stuff

Contrairement à Weezer ou Star Wars, ce n’est pas avec sa seconde œuvre que Pup sombrera, mais bien avec la suivante. Vous l’aurez deviné, le titre du troisième album du combo punk pop canadien n’est pas très original. Au programme : idées sombres, dépression, un penchant probant pour la bouteille et — cerise sur le sundae — pensées suicidaires. Si cette fournée de textes du chanteur Stefan Babcock est inquiétante à souhait, les musiques — elles — sont toujours aussi hymniques. Comme un coup dans le ventre, mais pour les tympans.