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Retour au théâtre pour Macha Grenon

Retour au théâtre pour Macha Grenon
Photo courtoisie, Julie Artacho

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La comédienne Macha Grenon s’apprête à faire un retour sur les planches après dix ans d’absence. C’est sur la scène du Théâtre Prospero qu’on pourra la voir, tandis qu’elle campe un personnage de la mythologie grecque tiré du roman Ombre (Eurydice Parle), de l’auteure autrichienne Elfriede Jelinek.

C’est à la demande du metteur en scène Louis-Karl­­­ Tremblay que la comédienne a accepté de remonter sur les planches, où elle sera entourée notamment de la danseuse et chorégraphe Louise Bédard et du musicien Pierre Kwenders.

Nous sommes dans une relecture libre du mythe d’Eurydice et d’Orphée, où des questions existentielles sur le féministe seront soulevées.

« J’ai été attirée par ce projet notamment en raison de mes partenaires de jeu qui sont tous remarquables », lance Macha Grenon qui interprétera Eurydice, une auteure qui vit difficilement de son art. On comptera également sur Louise Bédard et Stéphanie Cardi, qui personnifieront également Eurydice à différentes époques de sa vie. « Je me sens extrêmement privilégiée de partager un espace scénique avec Louise Bédard, qui est une femme exceptionnelle et qui danse depuis de nombreuses années », ajoute-t-elle.

Cette Eurydice moderne vit dans l’ombre de son mari, Orphée­­­ (Pierre Kwenders), une grande rock star entourée de groupies qui jouit d’une grande célébrité. « Elle existe dans l’ombre de son mari, elle souhaite sortir de l’ombre par sa créativité, mais elle a beaucoup de mal à le faire », souligne Macha Grenon.

Vivre dans l’ombre

La pièce s’amorce au moment où Orphée est sur le point d’entamer son concert. Ses fans l’idéalisent et on peut entendre les cris hystériques qui précèdent son arrivée sur scène. Pendant ce temps, Eurydice est seule dans la loge de son mari et peine à achever son roman. Incapable de vivre de son art, que lui reste-t-il ? « Orphée représente le soleil et sa lumière incandescente est grande, fait remarquer la comédienne. D’ailleurs, on vit dans une société où le mythe de la célébrité est mis de l’avant comme une valeur à atteindre, pourtant le succès n’a rien à voir avec la célébrité. »

Ainsi, on s’interrogera à savoir si le mythe de la célébrité peut être partagé dans un couple et si la femme de cette époque n’était pas vouée à vivre dans l’ombre de son mari. « Eurydice ne cherche pas la célébrité par son métier d’auteure, même s’il s’agit d’un métier qui peut rayonner, indique Macha Grenon. Elle veut principalement exprimer sa créativité. »

Jeunesse obsessionnelle

La pièce pose également un regard sur l’obsession de la femme pour son apparence et la peur de vieillir qui l’habite. L’image que projette la femme qui suscite encore le désir des hommes est bien présente dans cette histoire, tout comme l’idée de l’éternelle jeunesse.

On verra que cette Eurydice moderne est aussi une acheteuse compulsive, obsédée par la mode.

Pourra-t-elle finalement se libérer de l’emprise de son chanteur qui occupe toute la place ? On l’espère bien !

Ombre (Eurydice parle)

Auteure : Elfriede Jelinek

Mise en scène : Louis-Karl Tremblay

Distribution : Louise Bédard, Stéphanie Cardi­­­, Macha Grenon et Pierre Kwenders

Du 11 au 27 avril

Au Théâtre Prospero (salle principale)