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L’appart de ma nouvelle vie: s’aimer en surmontant un deuil

Catherine Bourgault
Photo courtoisie, René Lafontaine Catherine Bourgault

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Après avoir exploré le thème de la bipolarité dans la trilogie Je t’aime, moi non plus, Catherine Bourgault a exploré le thème du deuil chez les jeunes adultes dans son nouveau roman, L’appart de ma nouvelle vie. L’amour est-il possible entre une infirmière qui a dû déménager à cause d’une erreur professionnelle et un jeune homme endeuillé par la mort de celle qu’il voyait comme la femme de sa vie?

«Le centre de mes livres, ce n’est pas d’apprendre quelque chose sur le sujet, mais de vivre le thème, à travers les personnages», observe la romancière de L’Islet, sur la Côte-du-Sud – une abonnée aux palmarès des best-sellers. «J’adore faire ce genre de projets. Ça vient me chercher.»

Le deuil, vécu par de jeunes adultes, prend une dimension particulière.

«Je pense qu’à la seconde où on est amoureux dans la vie, tout le monde se pose un jour ou l’autre la question... s’il fallait qu’il disparaisse du jour au lendemain, ce serait quoi, ma vie? Ça nous touche!»

Elle poursuit. «Ça peut arriver. Tout en faisant ma romance, parce que c’est vraiment ce que j’aime faire, j’ai voulu travailler ce thème difficile.»

Les personnages créés par Catherine Bourgault dans ce roman véhiculent des propos que des gens touchés par le deuil ont sûrement déjà entendus.

«Les autres disent à William que le temps va arranger les choses... et que sa conjointe décédée ne voudrait pas le voir triste, qu’elle voudrait qu’il refasse sa vie. Qu’elle voudrait donc qu’il soit heureux», dit-elle.

William ressent beaucoup de culpabilité. «Je trouvais ça touchant à écrire parce que je me mettais à sa place. Quand ton conjoint décède, c’est pas comme une rupture, alors qu’une des deux personnes n’aime plus l’autre. Quand il y a un décès, et que tu étais encore en amour avec cette personne et qu’elle était encore en amour avec toi, il y a un sentiment de trahison si tu vas ensuite vers quelqu’un d’autre. Tu as l’impression de tromper l’autre si tu refais ta vie.»

Une erreur

Infirmière, Maxim a commis une erreur professionnelle, et c’est ce qui l’entraîne à changer de ville et à changer de vie, et vite.

«Moi, je ne travaillerais jamais dans le domaine de la santé. Une inattention, une gaffe, ça arrive – ce sont des êtres humains. Tout un processus en découle. Mais ta vie, après? Peux-tu refaire ce métier?»

La romancière trouvait intéressant de donner à Maxim une histoire, un passé.

«Ce sont deux écorchés, au fond. Est-ce qu’ils vont s’aider mutuellement ou couler ensemble? Au début, on n’est pas certain! Elle aussi a vécu des choses pénibles.»

Difficultés

Écrivaine d’émotions, Catherine Bourgault pose de bonnes questions, à travers cette histoire d’amour.

«Elle a du mal à surmonter le drame qui lui arrive et, lui, il est encore centré dans son deuil et ne voit pas beaucoup ce qui arrive aux autres autour de lui. Et même s’ils disent “OK, on essaie...”, ça ne se passe pas de même ! Est-ce qu’une nouvelle relation fait en sorte qu’il faut absolument oublier l’autre ? Est-ce qu’elle peut vivre dans l’ombre de l’autre personne que, lui, il aimait tellement? Ça doit être très difficile pour un nouveau conjoint qui arrive dans une situation comme ça. C’est une drôle de dynamique d’accepter un fantôme entre eux, à un âge très jeune.»


► Catherine Bourgault est abonnée aux palmarès des best-sellers.


 L’appart de ma nouvelle vie va sortir en livre audio, en même temps que la copie papier.


► Le huitième tome de la série jeunesse OMG sortira le 27 mars.


► Elle sera présente au Salon international du livre de Québec.

 

EXTRAIT

<b><i>L’appart de ma nouvelle vie</i></b><br>
Catherine Bourgault<br>
Les Éditions JCL, 384 pages
Photo courtoisie, Éditions JCL
L’appart de ma nouvelle vie
Catherine Bourgault
Les Éditions JCL, 384 pages

«Pour la première fois depuis que je suis montée dans le train, l’angoisse se resserre autour de ma gorge et rend ma respiration difficile. Ce n’est pas le moment, je n’ai rien d’autre sous la main pour gérer une crise de panique qu’un vieux sac de croustilles vide et chiffonné au fond de ma poche. Quoique inhaler des vapeurs de sel et vinaigre me remettrait peut-être sur le piton. Je croyais que de partir allégerait le poids qui m’écrase les épaules, mais non, j’avais tout faux. Le fardeau que je porte me suivra partout où j’irai. Et pour l’instant, je suis au milieu de nulle part.»

– Catherine Bourgault, L’appart de ma nouvelle vie, Les Éditions JCL

 

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