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«Échec total» pour une traverse sur l'avenue de Salaberry

Des personnes âgées insatisfaites d’un passage piétonnier qui a coûté 40 000 $

Sur l’avenue de Salaberry circulent environ 9000 véhicules par jour. L’objectif du dispositif clignotant installé par la Ville était de faire ralentir les automobilistes. Mais selon plusieurs résidents du Saint-Patrick, la situation ne s’est pas améliorée.
Photo Jean-François Desgagnés Sur l’avenue de Salaberry circulent environ 9000 véhicules par jour. L’objectif du dispositif clignotant installé par la Ville était de faire ralentir les automobilistes. Mais selon plusieurs résidents du Saint-Patrick, la situation ne s’est pas améliorée.

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La traverse piétonnière installée par la Ville de Québec au coût de 40 000 $ près d’une résidence pour personnes âgées est inefficace et mal aménagée, déplorent les usagers.

«C’est un échec total», lance le directeur général de la résidence Saint-Patrick, Luc Desbiens.

Le Journal a rencontré sur les lieux un groupe de résidents qui fondaient beaucoup d’espoirs en cette installation qui devait leur permettre de traverser de façon plus sécuritaire l’avenue de Salaberry pour accéder aux Halles du Petit-Cartier. Avec ses feux clignotants, elle devait rendre plus visible la traverse et freiner les ardeurs des automobilistes.

Or, l’expérience a prouvé au cours des derniers mois que le système ne répond pas aux attentes et les résidents du Saint-Patrick ont vite déchanté. D’abord, les automobilistes ne ralentissent pas, même quand les feux sont activés, regrettent-ils.

«J’ai dû faire signe plusieurs fois aux automobilistes. Je traversais et ils s’en venaient vers moi. Ils n’arrêtent pas», lance Jacqueline Richard.

«Clignotants installés trop haut»

Le Journal en a eu une démonstration éloquente, alors qu’une automobiliste a freiné brusquement devant la traverse aux clignotants activés, alors qu’un groupe d’aînés tentait de traverser.

«Les clignotants sont installés trop haut», remarque Noëlla Cloutier. Parfois, le système était défectueux et le bouton ne déclenchait pas le système de clignotants, a constaté Pierre Galipeault.

Pour les personnes à mobilité réduite qui doivent utiliser une marchette ou un fauteuil roulant, le bouton déclencheur et la traverse elle-même étaient carrément inaccessibles tout l’hiver, en raison des ourlets de neige qui s’accumulaient au passage des déneigeuses de trottoirs.

Projet pilote

Louise Lajeunesse, qui se déplace en fauteuil roulant, trouve trop risqué de se frayer un chemin jusqu’à la traverse. Elle a décidé de s’en passer. «J’attends qu’il n’y ait pas d’auto et je traverse.»

«Ici, c’est spécial. Tant qu’il n’y en aura pas un qui va se faire tuer, ça ne bougera pas», déplore Jacques Tremblay.

Au coût de 40 000 $, la Ville faisait de cette installation un projet pilote, qu’elle voulait reproduire dans d’autres lieux. Le maire Régis Labeaume s’était déplacé deux fois pour des conférences de presse sur Salaberry afin de mousser le système.

Le directeur du Saint-Patrick assure qu’il a tenté de faire valoir dès le départ que l’emplacement choisi par la Ville n’était pas idéal. Mais la municipalité a quand même choisi d’aller de l’avant.

Luc Desbiens précise que ses résidents ont en moyenne 88 ans et que plusieurs sont à mobilité réduite. Pour eux, un détour sur le trottoir glacé ou un banc de neige à enjamber peut représenter un danger.

«C’est malheureux. Le système est peut-être bon, mais il ne convient pas ici», indique M. Desbiens.