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Affaire René Kègle: un juge de plus cet été pour éviter l’arrêt Jordan

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Pour éviter d’abandonner les charges portées contre d’autres criminels, une juge trifluvienne vient d’ordonner l’ouverture d’une salle d’audience additionnelle durant une semaine d’août, en pleine période de vacances estivales.

La mise en accusation de six personnes en lien avec les meurtres d’Ophélie Martin-Cyr, Steve Lamy et Jean-Christophe Gilbert provoque tout un effet domino dans le système judiciaire. Par dizaines, des dossiers doivent être reportés à une date ultérieure et le spectre de l’arrêt Jordan complique particulièrement la façon de réorganiser le calendrier.

«Quand je suis arrivé dans la salle ce matin, je me demandais vraiment comment on allait pouvoir gérer ça. Certains de mes dossiers prévus en juin allaient devoir être remis en décembre ou en janvier, parce qu’il n’y en avait pas d’autres dates disponibles», expliquait la procureure Marie-Ève Paquet.

René Kègle est accusé de trois meurtres prémédités. Pour celui d’Ophélie Martin-Cyr, il devra subir une enquête préliminaire d’une durée de quatre jours. Huit témoins seront entendus à compter du 25 juin. Cette démarche n’a pour seul but que de démontrer au juge que la preuve est suffisante pour justifier la tenue d’un procès. Ce sera la même chose pour les meurtres de Steve Lamy et de Jean-Christophe Gilbert.

Chacun des cinq coaccusés pour ces meurtres devra subir cette même étape et monopoliser à son tour une salle durant plusieurs jours.

«On va travailler avec le directeur du palais de justice et le directeur des poursuites criminelles et pénales. Il faut faire en sorte que ça n’ait pas d’impact sur d’autres dossiers», mentionnait la ministre de la Justice, Sonia Lebel, qui appuie la décision du DPCP qui souhaite tenir plusieurs enquêtes préliminaires de façon simultanée, en occupant plusieurs palais de justice à la fois.

Spectre de Jordan

Avec ces reports, trois causes risquaient d’être frappées d’un arrêt des procédures en raison des délais déraisonnables. C’était avant que la juge Dominique Slater débloque de nouvelles dates d’audience et ordonne l’ouverture d’une salle supplémentaire en pleine période estivale.

«Au final, j’ai quelques dossiers qui ont finalement été déplacés avant la date prévue. Pour les autres, on parle de délais additionnels d’environ deux mois. Ce n’est pas si pire. Mais oui c’est toute une réorganisation et on a conscience qu’il y a non seulement des délais, mais que d’autres personnes et d’autres victimes sont dans l’attente», explique Me Paquet.

L’autre défi qui attend la justice, c’est la formation de huit jurys. Environ 96 personnes devront être trouvées pour assurer le bon fonctionnement de ces huit éventuels procès.