/news/society
Navigation

Loi sur la laïcité: un projet un peu «radical», selon Gérard Bouchard

Gérard Bouchard
Photo courtoisie

Coup d'oeil sur cet article

 Le sociologue Gérard Bouchard, qui avait coprésidé la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, estime que le premier ministre François Legault devrait retourner à la table à dessin avec son projet de loi sur la laïcité.

 «Ce qui me gêne dans son projet de loi, c’est l’absence de modération. Il me semble que ce n’est pas un projet qui ressemble aux Québécois», a avancé M. Bouchard lors d'une entrevue accordée à l'émission «24/60», sur les ondes de RDI, mardi soir. 

 Le sociologue remet notamment en question la décision de M. Legault de recourir à la clause dérogatoire pour faire adopter son projet de loi sans passer par l'épreuve des tribunaux, ainsi que son intention de recourir au bâillon pour le faire adopter sans débats à l'Assemblée nationale. «Ce projet, d’une certaine manière, me paraît radical», a-t-il dit, en évoquant qu'à son avis, il n'y a pas de «motif supérieur» qui justifie le contenu de la loi. 

 «Ce qui me gêne dans son projet de loi, c’est l’absence de modération. [...] Il me semble, au Québec, qu’on n’est pas une société comme ça. On est une société qui est soucieuse de compromis, de débats», a poursuivi M. Bouchard. 

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

  

 L'interdiction du port de signes religieux aux employés de l'État, et particulièrement aux enseignants, dérange l'analyste. «Quand les gens parlent de laïcité, ils font référence à la séparation de l’Église et de l’État. [...] Mais en quoi le port de signes religieux par un employé de l’État peut remettre en question cette séparation?», s'est interrogé le sociologue, qui estime que la loi «ne repose pas sur des données qui en établissent la légitimité». 

 M. Bouchard invite donc le premier ministre à soustraire les enseignants de son projet de loi, ainsi qu'à laisser les tribunaux et l'Assemblée nationale l'analyser et en débattre. 

 Par ailleurs, M. Bouchard ne s'est pas étonné de voir une sortie comme celle du maire d'Hampstead, William Steinberg, qui a qualifié le projet de loi de «nettoyage ethnique». 

 «Je ne suis pas surpris de cette intervention. On peut quasiment se réjouir qu’il n’y en ait pas davantage. Je ne pense pas que cette déclaration reflète vraiment l’allure du débat présentement», a-t-il souligné.