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Du pain sur la planche

L’équipe masculine de basketball n’a pas gagné un match de séries depuis 2011

Jacques Paiement fils, photographié l’automne dernier lors de la conférence de presse du début de saison de basketball universitaire, croyait bien que son équipe serait parmi les meilleures au pays cette saison. Les départs de deux joueurs-clés ont toutefois bouleversé ses plans.
Photo d’archives, Jean-François Desgagnés Jacques Paiement fils, photographié l’automne dernier lors de la conférence de presse du début de saison de basketball universitaire, croyait bien que son équipe serait parmi les meilleures au pays cette saison. Les départs de deux joueurs-clés ont toutefois bouleversé ses plans.

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Les années se suivent et se ressemblent pour le programme de basketball masculin du Rouge et Or de l’Université Laval.

Écarté des séries éliminatoires cette année, le Rouge et Or n’a pas remporté un match dans la danse d’après-saison depuis 2011 lors d’une victoire en demi-finale face aux Redmen de McGill. On parle d’une disette de huit ans dans un circuit à cinq équipes.

« Le basketball est très populaire dans les rangs secondaires dans la région de Québec, mais on a un gros travail à faire dans le haut de la structure pour retrouver nos lettres de noblesse, a raconté le président du conseil d’administration et ancien joueur étoile Charles Fortier. Le sentiment d’appartenance a disparu. Les victoires amènent beaucoup de bienfaits. »

Recrutement difficile

Le recrutement dans la métropole où se retrouve le plus gros bassin de joueurs est plus difficile que jamais. À Québec, les Dynamiques de Sainte-Foy connaissent eux aussi des années difficiles et les sept meilleurs espoirs des rangs secondaires, cinq de l’école secondaire Jean-de-Brébeuf qui a présenté une fiche de 15-1 en saison régulière et deux de l’école secondaire de Rochebelle, ont tous opté pour des institutions de Montréal.

Le facteur économique pèse aussi dans la balance. « On se dirige vers un monde meilleur, mais nous sommes très, très loin des autres universités au niveau des bourses pour les athlètes, du budget pour le calendrier de compétition et du salaire des entraîneurs, a expliqué Fortier. Le poste d’entraîneur-chef chez les filles est ouvert à l’UQAM et Guillaume (Giroux) a certainement reçu un coup de fil. Cela n’a pas de bons sens qu’il y ait un écart très important. Guillaume veut coacher à Laval et il ne postulera pas, mais c’est un risque qui nous guette. »

« L’Université est consciente de la situation et elle a posé des gestes importants en créant un programme pour les étudiants étrangers dont les frais de scolarité sont les mêmes que pour les Québécois, poursuit Fortier. Il s’agissait d’un projet pilote, mais il y a trop de bienfaits pour reculer. En ce qui concerne les bourses, nous sommes près du maximum chez les filles, mais nous sommes plus loin chez les gars. Le maximum est de 8,4 bourses par équipe. McGill et Concordia sont au maximum. »

Chez les gars, le Rouge et Or se retrouve parmi les derniers de classe dans les 47 programmes canadiens sur le plan des avantages financiers. « Nous sommes parmi les cinq équipes du bas du classement à tous les niveaux, a résumé l’entraîneur-chef Jacques Paiement Jr. Ça ne signifie pas qu’on n’aurait pas dû faire mieux. C’est clair qu’on aurait dû gagner plus de parties.

Départs importants

Il y a trois ans, Paiement avait identifié les saisons 2018-2019 et 2019-2020 comme deux années où le Rouge et Or pourrait rivaliser avec les meilleures équipes au pays. Les départs des ailiers Frantson Démosthène et Joël Muamba ont bouleversé ses prévisions tout comme des performances décevantes de joueurs de premier plan.

« Nous avons appuyé Jacques à 100 % dans sa décision de ne pas reprendre Frantson, a raconté Fortier. Un individu ne peut jamais être plus gros que l’équipe. Son départ a eu un impact, mais on aurait dû mieux performer quand même. Quant à Joël, il n’était pas admissible sur le plan académique. »

 

Quatre recrues confirment leur venue

Si deux recrues de premier plan lui ont filé entre les doigts au dernier moment, le Rouge et Or a néanmoins réussi un meilleur recrutement qu’au cours des dernières années.

Le Rouge et Or figurait dans le top 2 d’Élie Karojo (Montmorency) et Jonathan Noël-Jeune (Édouard-Montpetit), mais ils ont choisi dans les derniers jours les Ravens de Carleton et les Citadins de l’UQAM, respectivement. Karojo a été élu dans la première équipe d’étoiles au pays.

Le Rouge et Or a toutefois aimanté quatre recrues. Les gardes Tamsyr Dioumassi, des Filons de Thetford Mines, Guillaume Côté, des Dynamiques de Sainte-Foy, et Ulric Kiamba, de La Cité d’Ottawa, ainsi que l’ailier Alton Med de la Colombie-Britannique, ont confirmé leur venue à Laval.

Du foot au basket

À ce quatuor, il faut ajouter Sidney Tremblay-Lacombe. Ancien joueur de football évoluant en Division 2 avec les Nomades en 2017, l’arrière devait s’aligner avec le Rouge et Or l’an dernier, mais il n’a pas réussi à compléter son diplôme collégial.

« Sidney va être le meilleur parmi les recrues selon l’entraîneur-chef Jacques Paiement junior. Il était clairement assez bon pour jouer en Division 1 à Montmorency, mais il arrivait du football. Tamsyr a été impressionnant à notre précamp. Guillaume a connu une très bonne saison à Sainte-Foy et il va nous aider rapidement. Alton est très jeune, mais il possède un bon potentiel. Quant à Ulric, c’est un gars qui est prêt à contribuer dès le départ. On n’a pas recruté de super vedette, mais on a mis la main sur des gars qui pourront avoir un impact rapidement. »