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Les vrais prédateurs des chaînes sportives

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Hockey, baseball, football, golf, tennis et autres sports sont les vaches à lait des chaînes sportives, mais ils compromettent aussi leur existence même.  

Les sports sont de véritables prédateurs qui risquent à terme de ruiner les chaînes. Ovechkin gagne 124 millions de dollars pour 13 ans, Carey Price, 84 millions $ pour huit ans, Lionel Messi, 111 millions $ par an, Neymar, 265 millions $ pour cinq ans. Avant de clore cette danse des millions, mentionnons que Bryce Harper vient de signer un contrat de 330 millions $ pour 13 ans avec les Phillies de Philadelphie.  

Pour mettre ces chiffres en perspectives, je signale que le salaire annuel moyen au Canada est de 55 806,40 $. Il est de 44 564 $ aux États-Unis, de 54 071 $ en France et de 50 548 $ en Grande-Bretagne.  

En 1955, au faîte de sa gloire, Maurice Richard, le joueur le plus populaire de la Ligue nationale de hockey, a signé un contrat lui assurant un salaire de base de 12 000 $. Environ 100 000 en dollars d’aujourd’hui. C’est deux fois le salaire moyen. Le salaire de Carey Price est 180 fois supérieur au salaire moyen.  

QUI PAIE CES SALAIRES FARAMINEUX ?  

La télévision! Celle que vous payez chaque mois, les sports professionnels étant diffusés par des chaînes auxquelles il faut s’abonner. Il y a longtemps que les propriétaires d’équipes ne comptent plus sur les billets vendus aux guichets pour faire la «piasse». La vache à lait, c’est la télévision.  

Dans la plupart des sports, les ligues ont établi un système de péréquation. Il permet aux équipes des petits marchés de toucher une partie des revenus que tire la télé des marchés gigantesques comme New York, Londres, Paris ou Los Angeles. C’est d’ailleurs sur cette péréquation estimée à plus de 200 millions $ par an que comptent les promoteurs oeuvrant à la renaissance des Expos de Montréal.  

LE JEU MORTEL DE LA CONCURRENCE  

Sachant pouvoir compter sur les revenus croissants de la télé, les propriétaires d’équipe se sont mis à renchérir pour «signer» les meilleurs athlètes. C’est ainsi qu’en une ou deux décennies, des athlètes faisant jusque là des cachets normaux ont commencé à toucher des dizaines et des dizaines de millions. Ils se sont empressés de les déposer dans des abris fiscaux.  

De leur côté, les diffuseurs de chaînes sportives ont renchéri, eux aussi, afin d’obtenir les droits exclusifs des sports les plus rentables. En 10 ans, les droits de télé du football en France sont passés de 1153 milliards $ à 1732, une augmentation fort importante.  

Les droits exorbitants qu’ont payés TVA Sports et RDS pour les matchs de la LNH, en particulier ceux des Canadiens, ne sont pas étrangers à la lutte sans merci que se livrent Bell Média et Québecor pour «sauver» leurs chaînes sportives, car c’est bien de les sauver qu’il s’agit.  

Les plafonds sont-ils atteints? Peut-être pas dans les pays les plus riches et les plus populeux, mais jusqu’à quand nos chaînes pourront-elles suivre la cadence? Quels prix sommes-nous prêts à payer chaque mois pour voir évoluer nos vedettes sportives?