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Plus cher pour construire à Québec

L’ACQ pointe du doigt le manque de travailleurs

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En raison de la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la construction, la facture des chantiers immobiliers pourrait être plus salée au cours des prochaines années, prévient l’Association de la construction du Québec (ACQ). Et la grande région de Québec ne sera pas épargnée.

«À partir du moment où tu sais que le carnet de commandes de ton compétiteur est complet et qu’il n’a pas la main-d’oeuvre nécessaire pour d’autres projets, tu peux te permettre de charger plus cher. Certaines compagnies vont aussi augmenter leur prix, car elles savent qu’elles vont devoir payer du temps supplémentaire», craint le porte-parole de l’ACQ, Guillaume Houle. «Nous avons commencé à remarquer certains cas vers la fin de l’été dernier du côté de Montréal», poursuit-il.

Gouvernements, municipalités, entreprises, tous pourraient voir un impact sur leur portefeuille, estime l’ACQ qui ne mâche pas ses mots lorsqu’elle aborde cette problématique. Au Québec, ce sont 3500 paires de bras qui manqueront pour répondre à la demande de l’industrie en 2019. Et le nombre d’inscriptions dans les programmes de formation professionnelle est en baisse.

Pour information, selon des données de Québec International, en 2017 — elles ne sont pas encore disponibles pour 2018 —, les projets non résidentiels dans la région ont représenté des investissements de 912,6 millions $. Il s’agissait d’une hausse de 11,3 %. Du côté de la construction résidentielle, en 2018, la région de Québec a enregistré 5355 mises en chantiers, selon la Société canadienne d'hypothèque et de logement.

Retards

«Oui, la situation fait qu’il y a un risque pour les chantiers de Québec. Il pourrait y avoir des retards dans la livraison de projets», concède la directrice générale de l’ACQ-Québec, Véronique Mercier. «Nous avons une industrie en excellente santé, mais aux prises avec un besoin criant de main-d’œuvre», poursuit-elle.

Cette dernière estime que la solution passe avant tout par l’immigration, les étudiants et les retraités, mais aussi par la gent féminine. Elle affirme que le nombre de femmes présentes sur les chantiers est toujours très minime.

En effet, selon des données de la Commission de la construction du Québec en 2017, elles représentaient 1,91% des métiers et occupations dans l’industrie.

«Durant des années, la construction a été considérée comme un monde d’hommes. Il faut maintenant vendre le travail aux femmes. Il faut changer la culture. Cela peut prendre du temps», dit-elle. «La moyenne d’âge actuellement au Canada sur les chantiers est de 43 ans. Il manque de travailleurs à tous les niveaux. Pour les jeunes, il faut leur montrer que l’industrie est attractive. Ce n’est pas juste un sac de clous et un marteau», ajoute Mme Mercier.

Pour attirer de nouveaux talents, l’ACQ-Québec, qui compte 1200 membres, tiendra cette année son premier salon annuel de l’emploi et de la formation. Il aura lieu les 18 et 19 octobre prochain au Complexe Capitale Hélicoptère de Québec. Plus d’une centaine d’exposants seront présents.