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Salon du livre de Québec: Yasmina Khadra, porteur d'espoir

Un message de paix pour ses lecteurs

Yasmina Khadra
Photo Jean-Francois Desgagnés Yasmina Khadra

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L’écrivain d’origine algérienne Yasmina Khadra, auteur des best-sellers Les hirondelles de Kaboul, L’Attentat et Ce que le jour doit à la nuit, est heureux de rencontrer les lecteurs québécois et de leur transmettre son message de paix et d’espoir à l’occasion de sa visite à Québec. Il s’est totalement investi dans son rôle de président d’honneur de la présente édition du Salon international du livre de Québec.

En se promenant dans les allées du Salon, Yasmina Khadra a été surpris de voir autant d’enfants. « C’est magique parce que les parents doivent comprendre que le livre est nécessaire : c’est une denrée vitale. Si on renonce aux livres, on renonce non pas à s’instruire, mais à se connaître, parce qu’on se connaît très facilement à travers un livre. Ce sont des miroirs qui nous renvoient ce que nous sommes, et qui nous rapprochent des autres. »

Évasion

Yasmina Khadra, ancien commandant de l’armée algérienne, n’avait pas cette chance quand il était enfant. « J’ai beaucoup lu parce que j’ai été enfermé dans une caserne, à l’âge de neuf ans. La seule façon pour moi de m’évader, c’était d’ouvrir un livre. Le livre que j’ouvrais devenait mon tapis volant. Il me sortait de la caserne pour m’amener en Amérique avec Tom Sawyer, ou bien sur un bateau à traquer Moby Dick, ou sur une île, jouer avec Vendredi et Robinson Crusoé. Je voyageais à travers les livres. »

Aujourd’hui, il fait voyager ses lecteurs, à travers ses best-sellers traduits dans plus de 50 pays. « J’ai la chance d’avoir une double culture : elle est arabo-berbère et occidentale, ce qui me permet d’expliquer au monde arabe ce qu’est l’Occident et aux Occidentaux, ce qu’est l’Orient. Et ma définition de tout ça, c’est que l’Orient n’est que l’Occident d’en face : nous sommes tous des êtres humains. On peut s’entendre, on peut vivre ensemble, à condition de ne plus écouter les gens qui sont dans la discorde et dans la nuisance. »

Il en revient à chacun de choisir le mode de vie qui lui convient, rappelle-t-il. « Je crois que la meilleure façon de vivre, c’est d’essayer d’aimer, de chaque religion, un saint, et de chaque folklore, un pas de danse. C’est ça, vivre pleinement sa vie. Moi, je suis de ceux qui ont décidé de vivre pleinement leur vie. Rien ne m’est étranger. Tout est à découvrir. »

Il arrive à Québec avec un message de paix et n’aime pas le mot tolérance. « Tolérer, c’est accepter ce qu’on ne peut pas empêcher, donc il y a une espèce de concession dans la tolérance. Le message de paix ne doit pas être ­véhiculé par un homme. Il doit être un apprentissage de tous les jours. Il faut être en paix avec soi-même avant d’être en paix avec les autres. »

Dans son roman Khalil, il se place dans la peau d’un terroriste. « J’ai écrit : Le vrai criminel, ce n’est pas celui qui se fait exploser au milieu des gens, mais celui qui rend cette barbarie possible. Les vrais criminels sont ces gens qui viennent à la télé dresser une nation contre elle-même. Je suis outré par l’accueil qui est fait à ces individus. »


► Son nouveau roman, ­L’outrage fait à Sarah Ikker, sera publié le 10 mai.

► Il rencontrera le public samedi et dimanche dans le cadre du SILQ.