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Héritage: comment prévenir les chicanes de famille?

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La mort d’un parent représente pour ses enfants la perte d’un pilier et d’un des fondements les plus importants dans leur vie. Trop souvent, la gestion de l’héritage liée à cette épreuve devient un terreau fertile à la confrontation et aux conflits qui, jusque-là, avaient été laissés en dormance dans la famille.

Quand succession rime avec incompréhension

Parce que la mort demeure un tabou et qu’il est difficile d’aborder ces questions avec ses enfants, les parents partagent rarement leurs dernières volontés et les raisons qui les sous-tendent. Laissés à eux-mêmes, les enfants ne comprennent donc pas pourquoi, par exemple, l’un reçoit plus d’argent, tandis que l’autre hérite de certains biens. Ne pouvant avoir accès aux éléments permettant de comprendre ces décisions, un sentiment ­d’injustice, de la rancœur et de la tristesse peuvent rapidement s’installer dans la fratrie. Il est possible que le parent ait voulu par son testament réparer certaines iniquités, récentes ou anciennes, en procédant à une répartition qui ne sera pas forcément identique entre chaque ­héritier. Par exemple, l’un pourrait hériter d’une plus grande somme en raison du soutien financier dont il n’a pu bénéficier durant ses études, ou encore parce qu’il a connu certaines épreuves durant sa vie. Si le parent avait expliqué sa pensée, il aurait pu en être autrement, et certains malentendus ou interprétations douloureuses auraient ainsi pu être évités ou minimisés.

L’héritage : un cocktail trop souvent explosif

Dans une famille, certains enjeux mis de côté pendant trop longtemps n’attendent parfois qu’un prétexte pour s’exprimer. Dans certains cas, la succession qui suit la mort du parent devient une bougie d’allumage des rivalités et conflits masqués des années durant. La souffrance liée au deuil peut aussi provoquer un changement de comportement, de sorte que certains enfants pourraient, et parfois bien malgré eux, heurter et blesser leurs proches. C’est d’ailleurs pourquoi, dans ces circonstances surchargées émotivement et souvent conjuguées aux appréhensions, une simple tasse en porcelaine ou une antiquité peuvent faire l’objet de discussions aussi orageuses et d’insomnies.

La communication d’abord

La communication de même que la consultation et le partage d’information entre les enfants sont de mise afin de mieux prévenir les tensions, et à plus forte raison dans un contexte où ceux-ci peuvent osciller entre l’incompréhension, l’inquiétude et un sentiment d’injustice. En ­communiquant de la sorte, il est possible d’atténuer les ­sentiments d’exclusion et la méfiance, ­rassurant ainsi les héritiers tout au long du processus. S’il est aussi préférable que le liquidateur partage un maximum d’informations, il ne faut pas oublier non plus que cette responsabilité est bien souvent lourde et très ingrate, voire parfois même empoisonnée au sein d’une famille.

Un médiateur pour y voir plus clair

En cas de brisures, de conflits qui paraissent irréconciliables ou pour mieux les prévenir, il peut s’avérer bénéfique de faire appel à un médiateur aguerri en matière de succession. N’ayant pas les émotions à fleur de peau, ce professionnel pourra aider les héritiers à remettre en question certaines de leurs appréhensions, en plus de leur proposer des avenues non pas selon les idées reçues et les perceptions, mais bien en fonction des faits établis.

Se laisser du temps

Lorsque faire se peut, il est préférable de maintenir un lien avec les membres de sa famille, et ce, même si la relation s’avère transformée au terme de ce processus éprouvant. Parfois, il faut aussi accepter que certains conflits puissent ne pas être entièrement résolus dans l’immédiat et ne pas s’en vouloir si une réconciliation n’est pas, du moins pour l’instant, envisageable. Il faut alors être patient et laisser le temps faire son œuvre, ce qui permettra de diminuer la charge émotive qui entrave bien souvent la communication. De plus, chacun fera face à cet événement différemment, ce qui peut donner lieu à encore davantage d’incompréhension. Car même s’ils font tous partie de la même famille, chacun a son histoire, sa personnalité et des mécanismes de protection qui leur sont propres. Il faut donc accepter que ses frères et sœurs réagiront souvent différemment, mais aussi, et surtout, ne pas oublier qu’ils feront du mieux qu’ils peuvent pour traverser cette douloureuse épreuve.