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Legault se trompe de pays

Periode des questions
Photo d'archives, Simon Clark Le premier ministre François Legault.

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, se spécialisent dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L’énoncé

Le premier ministre François Legault a défendu le projet de loi 21 sur la laïcité, mercredi, en affirmant : « Prenez le Maroc, il y a des États dans le monde qui ont fait le choix que les personnes en autorité ne puissent pas porter de signes religieux. C’est un souhait d’une majorité de Québécois et c’est logique. »

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

 

Les faits

Cette affirmation est fausse et le cabinet de M. Legault l’a reconnu après que Le Journal lui eut demandé trois fois où il avait pris ses informations sur le Maroc. « Je m’inquiète du fait [que François Legault] ait été très mal informé à ce sujet-là », dit Marie-Claude Haince, chercheuse invitée au département d’anthropologie de l’UdeM.

Elle explique que l’expression « signe religieux » n’existe pas dans le contexte marocain et que c’est plutôt une notion occidentale. « Les femmes, au Maroc, dans toutes les instances administratives, dans toutes les positions de pouvoir, il n’y a aucune interdiction de porter leurs signes religieux et on peut vraiment en voir partout au Parlement et dans toutes les institutions de l’État marocain », ajoute Mme Haince.

« M. Legault a cité l’exemple du Maroc, mais aurait dû parler de l’Algérie, où il a été interdit d’ajouter des pièces de vêtements ou des accessoires religieux à l’uniforme obligatoire pour des corps spéciaux, comme les agents des douanes », a indiqué Ewan Sauves, un de ses attachés de presse.

Vérification faite, le directeur général de l’administration des douanes algériennes a bien écrit en novembre 2014 une note interdisant aux douanières le port du voile dans l’exercice de leurs fonctions.