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L’enquête sur l’AMF doit avoir plus de «mordant»

Martin Ouellet, Député du Parti québécois
Photo Agence QMI, Simon Clark Martin Ouellet, Député du Parti québécois

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Des partis de l’opposition exigent plus de « mordant » dans l’enquête sur le travail de l’Autorité des marchés financiers (AMF) visant SNC-Lavalin.

Notre Bureau d’enquête a rapporté jeudi les propos d’ex-employés de l’AMF soutenant que l’organisme a bâclé son travail d’enquête sur des allégations de malversations touchant la firme de génie et de construction.

Inquiet, le premier ministre François Legault a annoncé le jour même que le conseil consultatif (CCRA) de l’AMF allait faire la lumière dans le dossier.

Québec solidaire et le Parti québécois ont jugé hier que le CCRA n’a pas toute la compétence ni l’indépendance nécessaires pour s’acquitter de la tâche.

Le député péquiste Martin Ouellet croit que le gouvernement ne semble pas véritablement vouloir aller au fond des choses.

« Le ministre Girard a eu un réflexe libéral de confier ça à une instance pas trop reconnue avec pas beaucoup de moyens, bénévole, qui n’a jamais fait ça », a-t-il dit.

Selon M. Ouellet, la vérificatrice générale Guylaine Leclerc ou des consultants indépendants seraient mieux placés que le CCRA, trop lié à l’AMF.

« Ça manque de mordant, de muscle et de tonus », a-t-il soutenu.

Une première

Le conseil consultatif de régie interne de l’AMF est constitué de bénévoles.

Le mandat de sa présidente Andrée Mayrand est échu depuis 2016 et « n’est pas renouvelable », a confirmé hier le cabinet du ministre des Finances, Éric Girard.

« Elle est toujours en poste légitimement et légalement », a dit l’attachée de presse Fanny Beaudry-Campeau.

De plus, le CCRA n’a jamais exercé de mandat comme celui que lui a confié le gouvernement cette semaine, a confirmé Mme Beaudry-Campeau.

Elle précise que « le ministre a déjà suggéré l’option » au CCRA de recourir à des consultants externes pour l’enquête.

L’UPAC, souhaite Québec solidaire

Le député de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois a répété que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) devrait se charger de l’enquête sur l’AMF.

Il juge insuffisant le recours à des consultants externes.

« Tout cela est beaucoup trop mou. [...]Ce que ça me dit, c’est que la gravité de la situation n’est pas prise au sérieux », a-t-il dit.

M. Nadeau-Dubois souligne les apparences d’ingérence politique dans le dossier. « Il faut une enquête sérieuse par des gens dont c’est le métier de faire des enquêtes », a-t-il dit.