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Les 100 jours du président

Kevin Gilmore (à gauche) lors de sa nomination en janvier au poste de président de l’Impact par le propriétaire de l’équipe, Joey Saputo.
Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin Kevin Gilmore (à gauche) lors de sa nomination en janvier au poste de président de l’Impact par le propriétaire de l’équipe, Joey Saputo.

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Kevin Gilmore n’a pas compté exactement le nombre de jours de sa présidence de l’Impact. Il est rendu à tout près de 100 jours. Le chiffre magique pendant lequel on pardonne tout aux politiciens.

Après 100 jours, il sait au moins une chose, Joey Saputo le laisse travailler en paix et il jouit de toute l’autonomie dont il a besoin pour développer ce qu’il veut réussir à la barre de l’organisation. « Les présidents qui disent qu’ils parlent tous les jours à leur propriétaire, je ne sais pas de quoi ils peuvent parler chaque fois. Joey a appelé à quelques reprises pour s’informer, mais ça s’arrête là », raconte Gilmore.

Kevin Gilmore est heureux dans sa présidence. C’est la première de sa carrière. Il a été un gros vice-président chez Disney, chez les Ducks, chez les Angels au baseball, chez les Kings de Los Angeles, en Chine pour AER, dans la NBA et évidemment avec le Canadien de Montréal.

Il a quitté Geoff Molson et le groupe pendant l’été 2016. Les deux années et demie suivantes, il les a consacrées à réaliser un vieux projet : mettre en place sa propre entreprise et œuvrer dans de nombreux domaines en remplissant divers mandats : « Ça m’a permis de m’ouvrir davantage l’esprit, de voir les choses avec un œil nouveau et différent. Quand on passe des années dans une équipe et dans une ligue, on finit par répéter année après année les mêmes opérations. Le début d’une saison, la saison, les séries. Mais quand l’offre de l’Impact est arrivée, j’avais plein de concepts neufs, c’était juste au bon moment », dit-il.

AVEC PAS DE CASQUE

Si Joey Saputo cherchait quelqu’un de différent de lui, il ne pouvait pas trouver mieux : « La business du sport, c’est comme les montagnes russes. Si tu t’assois dans le premier wagon, tu vis toutes les montées et les descentes du manège. Mais si tu restes à côté du manège, tu peux voir tout le manège. Tu vois ce qui se passe et ce qui s’en vient. C’est pour ça que je suis excité par ce match inaugural, mais sans être très nerveux. Quand je travaillais pour Disney, je vendais Mickey Mouse. Quand j’ai travaillé dans le baseball majeur, je vendais Mickey Mantle. Ce n’est pas le même Mickey, mais c’est le même travail », dit-il.

Kevin Gilmore aimait déjà le soccer. Un sport qu’il trouve élégant, raffiné, intelligent, universel. C’est un beau sport :

« Chaque année, ESPN publie la liste des 100 athlètes les plus influents dans le monde entier. Il y a peut-être un joueur de hockey, quelques joueurs de football, mais plus de 80 % des athlètes élus sont des joueurs de soccer, des joueurs de basketball, des tennismen et des golfeurs. Ce sont des athlètes qui ne portent pas de casque ni de masque et ni d’épaulettes. En plus, ce sont des athlètes qui sont toujours sur le terrain ou sur le court. Ils ne sont pas constamment remplacés comme le sont les joueurs de football ou de hockey qui en plus portent un casque empêchant les amateurs de les reconnaître. Quant aux joueurs de baseball, on les voit venir frapper quatre fois par match. C’est fascinant de réfléchir à tout ça », de dire le prez.

LA MOISSON EST PRÊTE

Kevin Gilmore a grandi dans l’amour du sport au Saguenay. Son père Tony Gilmore était le coach du Labatt puis des Majors de Chicoutimi dans la Ligue intermédiaire de football du Saguenay–Lac-Saint-Jean. L’uniforme était vert et les Majors ont gagné au moins un championnat avec Gilmore.

Sa carrière, flamboyante est le mot juste, l’a préparé pour l’Impact. Il ne sera pas dans les culottes de Rémy Garde ni dans le placard de Joey Saputo. Il ne sera pas non plus le plus grand fan de l’équipe. Mais il va analyser les situations et prendre des décisions.

C’est ça être installé à côté des montagnes russes.

Prendre des décisions.