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Les petits et gros irritants du quotidien

Stéphane Dompierre
Photo Pierre-Paul Poulin Stéphane Dompierre

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Avec un ton mordant et irrévérencieux, l’écrivain Stéphane Dompierre décrit toutes sortes de situations qui lui tapent sur les nerfs, le découragent ou le font sourire dans un livre humoristique à lire absolument, Marcher sur un Lego® et autres raisons d’aimer la vie. Il n’a pas de pitié pour les drones, les imprimantes, le service à la clientèle, la grippe, l’astrologie et les commentaires haineux sur les réseaux sociaux.

« Il y a un courant, en ce moment : les gens s’offusquent de tout », dit-il en entrevue. Son livre montre qu’on peut aussi prendre les choses un peu plus à la légère. « Les gens ont des irritants, dans la vie, et on dirait que ça les irrite beaucoup plus que ce que c’est supposé. J’ai fait de la psychologie contraire, en démontrant qu’on peut s’irriter de tout, finalement. »

Un repas à la cabane à sucre peut devenir un cauchemar, par exemple. Il utilise l’humour pour dédramatiser toutes sortes de situations. « Des fois, il y a peut-être des choses au sujet desquelles il faudrait se fâcher... et dont on ne se fâche pas assez. Et il y en a d’autres qui nous excitent un peu trop. »

Des irritants, des faux irritants, il en a trouvé beaucoup. Son attention s’est portée sur toutes sortes de situations vécues. « Je dis que j’ai un livre douloureusement autobiographique, dans une certaine mesure. »

Les commentaires haineux

Stéphane Dompierre a un sens aigu pour trouver le côté comique, loufoque ou incongru de toutes sortes de situations. Il affirme que plusieurs irritants décrits dans le livre l’irritent pour vrai, au quotidien.

« En ce moment, ce qui m’irrite – et je pense que je ne suis pas le seul –, ce sont les mouvements de commentaires haineux qu’on voit partout. J’ai fait une courte chronique sur ce que vous devriez faire avant de critiquer, avant de mettre un commentaire sur une page. Les réseaux sociaux, autant il y avait un certain fun là-dedans, autant on dirait que c’est en train d’être aspiré par cette espèce d’agressivité. »

« Il y a une espèce de bruit de fond, de nuisance. Combine ça aux réseaux sociaux qu’on a tout le temps sur nos téléphones, et l’omniprésence des alertes... J’ai l’impression qu’on a de la difficulté à avoir notre tête à nous, en ce moment. »

L’écrivain se demande ce que ces comportements déclenchent chez l’humain. « Il y a des gens qui déshumanisent complètement les réseaux sociaux, se permettent de dire n’importe quoi. (...) Ces gens-là sont des humains qui ont des familles, qui préparent le souper pour leurs enfants. Après, ils s’en vont sur les réseaux sociaux et déversent des tonnes de fiel. J’ai de la misère à comprendre ça, chez l’humain. Pour moi, c’est un irritant majeur. »

L’humour, un défi

Il y a par contre de petits irritants qui le font rire et sourire. Comme son chien, par exemple, un carlin qui alimente plusieurs chroniques. « On s’était fait dire que c’étaient des chiens très joueurs de tours qui aiment beaucoup faire rire. Ce chien nous fait beaucoup rire. Il est bourré de défauts... mais ce sont des petits défauts de chien : il ronge, il pète, il veut tout le temps sortir au moment où on n’a pas envie de sortir. »

Observant que le livre d’humour est assez peu courant au Québec, l’écrivain a hâte de voir les réactions des lecteurs. « Pour moi, l’humour prime sur le commentaire. Je veux faire rire les gens, par rapport à des sujets qui sont parfois importants, parfois très peu importants. (...) Faire rire les gens qui lisent un livre, c’est un défi. »

  • Stéphane Dompierre sera au Salon international du livre de Québec.
  • Son prochain projet sera complètement différent : ce sera un roman.

EXTRAIT

Marcher sur un Lego® et autres raisons d’aimer la vie, Stéphane Dompierre. Éditions Québec Amérique, 232 pages.
Photo courtoisie
Marcher sur un Lego® et autres raisons d’aimer la vie, Stéphane Dompierre. Éditions Québec Amérique, 232 pages.

« J’ai travaillé dans le service à la clientèle durant une quinzaine d’années. Ça m’a suffi. Plutôt que d’y retourner une journée de plus, si on me laisse le choix, je préfère qu’on m’abandonne à Fort Boyard dans une cage avec des araignées, des scorpions et le père Fouras, qu’on ferme la lumière, qu’on verrouille la porte et qu’on jette la clé à la mer. »

– Stéphane Dompierre, Marcher sur un Lego® et autres raisons d’aimer la vie