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Portrait de Léonard de Vinci

Walter Isaacson
Photo courtoisie, Tomas Krist Walter Isaacson

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Après avoir connu énormément de succès avec les biographies d’Einstein et de Steve Jobs, l’Américain Walter Isaacson a étudié les milliers de pages des carnets de notes de Léonard de Vinci pour en tracer un portrait qui présente à la fois ses œuvres, sa vie publique et sa vie intime dans une biographie qui figure au sommet de tous les palmarès, Léonard de Vinci.

Walter Isaacson, ancien PDG de CNN et ancien directeur de la rédaction du magazine Time, propose un portrait détaillé d’un des plus grands artistes de tous les temps, mais aussi d’un grand homme de science et d’un visionnaire.

Léonard de Vinci a disséqué des corps pour dessiner les muscles des lèvres, peignant ensuite l’inimitable sourire de La Joconde. Il a étudié l’optique, ce qui lui a permis de créer des perspectives changeantes qu’on peut observer dans La Cène. Il a créé des systèmes de canalisation et des machines de guerre, décrit le fonctionnement de la valve aortique.

Vie intime

Walter Isaacson présente aussi la vie intime du grand peintre né en 1452. Son enfance, son apprentissage, les frasques de son amant et modèle Salaï. Il rappelle aux lecteurs que Leonardo était gaucher, végétarien, plutôt distrait, qu’il portait des tuniques roses. C’était aussi un hérétique et un artiste qui ne finissait pas toujours ses projets.

« Je pense que ce qui fait qu’on a le sentiment que Léonard de Vinci est aussi contemporain, c’est qu’il s’intéressait à tellement de disciplines différentes : l’anatomie, l’art, les mathématiques, la musique, la zoologie. Il essayait d’en apprendre le plus qu’il pouvait sur tous les sujets. Il aimait inventer, créer de nouvelles technologies, de nouvelles expressions artistiques. C’était un visionnaire qui a trouvé le moyen d’exprimer trois dimensions sur un support de deux dimensions », dit-il.

« Léonard de Vinci a innové dans l’étude du cœur humain et du système sanguin, mais aussi sur la mécanique et la friction. Il était tellement créatif, dans tellement de domaines différents, que chaque nouvelle génération trouvera sa vie excitante. C’est pour ces raisons que j’ai décidé de lui consacrer un livre. »

7200 pages de notes

Au cours de ses recherches, l’auteur a été surpris par le grand nombre de pages des carnets de notes qu’on a encore de nos jours, et qui sont signés par l’artiste. « Il y a plus de 7200 pages, qui nous montrent comment il étudiait des idées pour la peinture, pour les machines de guerre, il examinait la manière dont l’air et l’eau tourbillonnent. Il écrivait ses idées sur les mathématiques. On peut voir que son esprit va d’un sujet à l’autre... et finalement il fait des liens entre eux. C’est une grande joie de pouvoir voir comment il réfléchissait. »

Walter Isaacson a voyagé dans plusieurs villes du monde pour étudier ces croquis et ces carnets. « J’ai pu les examiner et mieux comprendre son processus créatif. »

L’auteur fournit beaucoup d’informations sur la vie privée de Léonard de Vinci, sa liaison avec Salaï. « Il se considérait comme un rebelle et comme un être à part. C’était un enfant illégitime. Il était gaucher. Il était gai. Il était hérétique. Il était très distrait. Il ne rentrait pas dans le moule, et pourtant, il s’est très bien intégré au sein de la population de Florence et de Milan. »

Ces traits de personnalité, ajoute M. Isaacson, le rendent très humain. « Je trouve ces détails personnels très intéressants. Sa relation avec son amoureux ou le fait qu’il soit végétarien nous aident à le voir comme un être humain bien réel, et non comme un lointain personnage du passé. »


►Walter Isaacson sera à Québec en juin pour assister au congrès international CRISPR (nouvelles technologies en génétique), ce qui sera également le sujet de son prochain livre.

Extrait

<i>Léonard de Vinci: La biographie</i></br>
Walter Isaacson</br>
Éditions Flammarion Québec, 592 pages (150 reproductions couleur)
Photo courtoisie
Léonard de Vinci: La biographie
Walter Isaacson
Éditions Flammarion Québec, 592 pages (150 reproductions couleur)

« Au départ, je voyais sa tendance à la fantaisie comme un défaut révélateur d’un manque de discipline et d’application, reflété dans sa propension à ne pas achever certains travaux et traités. Dans une certaine mesure, c’est le cas. Une vision sans action n’est qu’une hallucination. Mais j’ai fini par comprendre que sa capacité d’estomper les limites séparant rêve et réalité, comme son sfumato permet d’adoucir les traits sur une toile, était une clé de sa créativité. Sans imagination, le talent reste stérile. Léonard savait comment marier observation et imagination, et c’est ainsi qu’il en est venu à incarner l’innovateur par excellence. »

– Walter Isaacson, Léonard de Vinci : La biographie Éditions Flammarion Québec