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Pourquoi les autres animaux n'ont pas de fesses?

Nos fesses nous distingueraient du reste du monde animal.

Voici qui n'est guère ordinaire.
Philippe Melbourne Dufour Voici qui n'est guère ordinaire.

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Qu’est-ce qui distingue les humains des animaux? C’est une question qui taraude penseurs sérieux et moins sérieux depuis des millénaires. Ce n’est pas le rire. C’est peut-être l’irréversible crainte de se savoir mortel et de comprendre que toutes les personnes et les choses qu’on aime seront un jour emportées par la poussière; mais jusqu’à temps qu’on jase de ça avec un dauphin autour d’un petit thé, on n’en est pas sûrs. Et si c’était... nos fesses? 

Après tout, aucun autre animal n’a exactement des fesses comme les nôtres, rebondies et sans queue. Certains primates en ont qui ressemblent un peu aux nôtres, mais leur composition musculaire et osseuse est différente. Les chevaux ont une croupe avec un galbe plutôt défini, mais ils n’ont quand même pas nos belles fesses. 

Alors, pourquoi on a des fesses? Et sommes-nous les seuls? 

Les muscles de nos fesses 

Il y a tout d’abord la question de l’anatomie. Expliquons un peu comment les muscles fessiers s’emboîtent, puisque cet emboîtement est responsable de la forme de nos fesses et des hanches. 

On a trois muscles fessiers, qui s’appellent aussi les muscles glutéaux. Il y a tout d’abord le muscle petit glutéal, un muscle triangulaire qui relie le côté extérieur du bassin au haut du fémur. Il est caché en-dessous du muscle moyen glutéal, qui relie le haut du bassin au haut du fémur. Et finalement, par-dessus tout ça, il y a le muscle grand glutéal, un muscle épais en forme de quadrilatère qui relie les côtés du sacrum, au coeur du bassin, jusqu’à longer le haut du fémur.

Voici à quoi ils ressemblent, ensemble. Le rouge est le petit glutéal, le bleu est le moyen glutéal et le jaune est le grand glutéal. 

 

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Le grand glutéal, il est quelque chose. Il est considéré comme le muscle le plus puissant du corps humain, rien de moins. Pour résumer, il nous est absolument indispensable. 

À chaque changement important de posture (d’assis à debout, par exemple), à chaque fois qu’on court, à chaque fois qu’on se tient sur une seule jambe (et ça, on se rend pas compte, mais quand on marche, on se tient sur une seule jambe à 75% du temps), c’est le grand glutéal qui agit. 

Or, même s’il est puissant et essentiel, le grand glutéal n’a pas tant de place pour se développer. Par conséquent, il se développe vers l’extérieur. (Et il se développe aussi vers le bas, mais ça, c’est à cause de la gravité.) 

 

 

L'évolution de nos fesses 

Et il y a, en deuxième lieu, la question de l’évolution. Peut-être vous dites-vous «ah, mais les singes aussi ont des fesses!». Oui, mais non. 

Les singes sont majoritairement quadrupèdes. Il y a bien les gorilles et les chimpanzés qui peuvent se déplacer sur deux jambes, mais c’est seulement sur de courtes périodes de temps. 

Puisque nous marchons sur deux jambes, l’orientation de notre bassin a changé avec l’évolution. Chez les humains, les os iliaques du bassin sont positionnés sur les côtés du corps. Chez les primates, ils sont positionnés vers l’arrière. Et une orientation osseuse différente équivaut à des fonctions musculaires différentes. Donc les primates n’ont pas les mêmes fesses, musculairement et osseusement parlant. 

La forme de nos fesses est également influencée par l’absence de queue. Chez nos très lointains ancêtres, et encore aujourd’hui chez les amphibiens et les reptiles, les muscles de la queue servent à la propulsion. Exemple de choix: un alligator qui réussit à se propulser hors de l’eau grâce à sa queue: 

 

 

Mais peu à peu, l’évolution faisant son oeuvre, quand les premiers mammifères sont apparus, leur queue était plutôt petite par rapport au reste de leur corps et, surtout, elle ne leur servait pas à se mouvoir. Les muscles glutéaux de ces premiers mammifères, pour leur part, ont commencé à prendre du galon pour former éventuellement les croupes. D'ailleurs, fait intéressant, chez plusieurs mammifères à quatre pattes (comme les chevaux ou les chats), c’est le moyen glutéal qui s’est développé. 

On reste encore unique avec notre grand glutéal! 

Et, évidemment, il ne faut pas oublier quelques patchs de gras stratégiquement placées pour le confort (même les fesses les moins rebondies contiennent leurs coussins de gras), et voilà, nous avons les fesses humaines: uniques, rebondies, et... si sexy! 

Pour en savoir plus sur les fesses des humains, vous pouvez consulter cet article de Gizmodo

 

Chaque jour, les experts en vulgarisation d'En 5 minutes proposent un format audio inspiré de la page publiée dans Le Journal.