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Tragédie nippone au resto

La compagnie La Trâlée présente Rashomon dans les locaux de La Cuisine

Les comédiens Amélie Laprise, Nadia Girard Eddahia et Jocelyn Paré lors des répétitions de <i>Rashomon</i>.
Photo Laurence Croteau-Langevin Les comédiens Amélie Laprise, Nadia Girard Eddahia et Jocelyn Paré lors des répétitions de Rashomon.

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Des comédiens, des baguettes, des sushis, des bouteilles de saké et des objets de cuisine qui s’animent : une grande tragédie nippone se déploiera au restaurant La Cuisine.

La compagnie La Trâlée s’installe dans le petit établissement de la rue Saint-Vallier Est, à partir de ce soir, pour faire revivre, durant 12 représentations, le film Rashomon du réalisateur japonais Akira Kurosawa. Un long-métrage inspiré par deux nouvelles de l’écrivain Ryunosuke Akutagawa.

Rashomon raconte l’histoire d’un bûcheron, d’un moine et d’un vagabond qui se réfugient sous les décombres de la porte Rashô, dans la ville de Kyoto, pour discuter du procès d’un homme qui a assassiné un samouraï après avoir violé sa femme.

Jocelyn Paré, Paul Fruteau de Laclos et Guillaume Pepin.
Photo Laurence Croteau-Langevin
Jocelyn Paré, Paul Fruteau de Laclos et Guillaume Pepin.

Réalisé en 1950, le long-métrage a fait école avec une même histoire racontée par des points de vue contradictoires, ce qui a été baptisé « l’effet rashomon ».

« Des points de vue, qui, en raison du code d’honneur existant, sont originaux et qu’on ne pourrait pas imaginer », a indiqué le comédien Paul Fruteau de Laclos.

Rashomon débute lorsque les employés et serveurs du restaurant terminent leur quart de travail.

« Ils constatent que le couteau fétiche du patron a disparu. Ils ont des versions qui sont différentes et ils se mettent, pour cette raison, à parler du film », a raconté Nicola Boulanger, comédien et membre fondateur de La Trâlée.

Intensité totale

La pièce a vu le jour à l’occasion d’un événement carte blanche présenté au défunt bar Le Cercle, en mai 2017, par le Théâtre Niveau Parking.

La première mouture de la pièce lors de sa présentation au resto-bar Le Cercle au printemps 2017.
Photo Théâtre Niveau Parking
La première mouture de la pièce lors de sa présentation au resto-bar Le Cercle au printemps 2017.

« Lorraine Côté m’avait contacté pour la création d’une pièce parce que je m’intéresse beaucoup à tout ce qui est théâtre d’objets et marionnettes. L’idée était de faire de la tragédie, mais avec du théâtre d’objets. Ce qui cadrait avec la mission de notre compagnie de théâtre », a expliqué Nicola Boulanger, dans la salle à manger du restaurant La Cuisine.

Lorraine Côté et Nicolas Boulanger ont discuté des grandes tragédies shakespeariennes et grecques, et le déclic s’est produit lorsqu’ils se sont mis à parler du réalisateur Akira Kurosawa.

« On a constaté qu’on aimait beaucoup ce qu’il faisait. Nous nous sommes retapé la vingtaine de films qu’il a réalisés, et notre choix s’est arrêté sur Rashomon », a-t-il mentionné.

L’expérience de cette création, qui s’intitulait Ce soir, on glorifie la tragédie à coups de salière et de poivrière, a amené l’idée de renouveler l’expérience.

La pièce, devenue Rashomon, a été retravaillée et elle a évolué depuis sa seule et unique représentation.

« On retrouve un niveau de jeu que l’on joue rarement. Les comédiens, dans le film, sont intenses comme ça n’a aucun sens. On ne pourrait pas jouer ces états sans les objets », a fait remarquer Paul Fruteau de Laclos.

« C’est une tragédie, a ajouté Nicola Boulanger, mais on rit. Nous sommes comme des enfants qu’on laisse jouer avec des couteaux. »


Rashomon est présenté du 14 avril au 7 mai, par le théâtre Premier Acte, au restaurant La Cuisine.