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Un poisson sur la Lune

<b><i>Un poisson sur la Lune</i></b><br />
David Vann<br />
Aux Éditions Gallmeister, 288 pages.
Photo courtoisie Un poisson sur la Lune
David Vann
Aux Éditions Gallmeister, 288 pages.

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Même s’il est incroyablement noir, ce nouveau roman de David Vann s’inscrit déjà sur la liste de nos coups de cœur.

On sait déjà comment l’histoire se termine : avec une balle dans la tête. Car dans ce livre mêlant fiction et souvenirs, l’auteur de Sukkwan Island exhume brillamment les dernières semaines de feu son père, qui s’est suicidé en 1980 à l’aide d’un Rugger .44 Magnum.

Cette année-là, incapable de se remettre de son second divorce, incapable de supporter plus longtemps son travail de dentiste et incapable de se supporter tout court, Jim Vann a en effet quitté sa maison presque vide de Fairbanks, Alaska, pour se rendre une dernière fois en Californie, où vivent ses parents, son ex-femme (la première !), ses deux enfants (David, 13 ans, et Cheryl, 8 ans), son frère cadet Doug et son psy.

Un pied dans la tombe...

Dès l’instant où cet homme brisé, qui a l’intime conviction de n’être qu’une merde, foulera le sol de l’aéroport, il n’y aura qu’un unique mot d’ordre au sein de la famille Vann : ne jamais laisser Jim seul, même la nuit. Les médicaments qui lui ont été prescrits pour éloigner la maladie réclamant plusieurs jours avant d’agir, chacun tentera ainsi de l’aider, de le comprendre, de le distraire de lui-même ou de percer l’épaisse gangue de noirceur qui le rend maintenant si étrange. Et d’un bout à l’autre, on sera presque là, nous aussi. En décrivant avec une sensibilité à fleur de peau ce que son père a probablement vécu et enduré au cours de ses derniers jours sur terre, David Vann parvient carrément à nous faire entrer dans la tête d’un maniacodépressif. Et l’expérience est très troublante.

 

Frissons garantis

Requiem

Tony Cavanaugh, aux Éditions Sonatine, 336 pages.
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Tony Cavanaugh, aux Éditions Sonatine, 336 pages.

Avant qu’il ne prenne sa retraite pour s’isoler dans une vieille baraque située au bord de la Noosa, on l’appelait « le Flingue », et on disait de lui qu’il était le meilleur enquêteur criminel d’Australie. Mais même s’il passe maintenant le plus clair de son temps à regarder l’herbe pousser, Darian Richards n’a rien perdu de ses vieux réflexes de flic. La preuve, lorsqu’une jeune femme qu’il a jadis aidée le contactera en ayant juste le temps de dire : « Darian, il faut venir. Vous seul pouvez m’aider. Il y a tellement de corps... », cet ex-officier de la brigade criminelle de Melbourne saura tout de suite qui contacter pour retracer l’appel et pour faire envoyer un policier sur place.

Attention devant !

Le « sur place » en question est la Coombabah Lake Nature Reserve, une forêt de près de 2000 hectares grouillant de bestioles en tout genre. Et malheureusement, le policier qui a été y faire un tour sera rapidement porté disparu.

Un étrange appel de détresse, une jeune fille à retrouver, un policier qui s’est volatilisé... Il n’en faudra pas davantage pour convaincre Darian d’entamer vite fait sa propre enquête, ce qui nous vaudra un bon roman noir bourré d’action et de meurtres.

 

À lire aussi cette semaine

Musique nocturne

John Connolly, aux Éditions Presses de la Cité, 432 pages.
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John Connolly, aux Éditions Presses de la Cité, 432 pages.

Il est toujours difficile de faire la recension d’un recueil de nouvelles, décrire une à une chacune de ses courtes histoires ressemblant aux bandes-annonces qui en montrent tellement qu’on n’a pratiquement plus besoin d’aller voir le film. Pour parler de celui-ci, on se contentera donc de préciser qu’il combine horreur et fantastique. Ah oui ! Et aussi, qu’on a beaucoup aimé.

Une colonne de feu

Ken Follett, aux Éditions Le livre de poche, 992 pages.
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Ken Follett, aux Éditions Le livre de poche, 992 pages.

Ceux qui ont adoré Les Piliers de la Terre et Un monde sans fin ne pourront évidemment faire l’impasse sur ce pavé, puisqu’il en est la suite. On y retrouvera donc la célèbre cathédrale de Kingsbridge... ainsi que tous les jeux de pouvoir qui pousseront catholiques et protestants à s’entre-déchirer sous la houlette des reines Marie Stuart et Élisabeth Ire.

Québec – Le guide des voyageurs indépendants

Marie-Ève Blanchard et Marie-Julie Gagnon, aux Éditions Hachette, 384 pages.
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Marie-Ève Blanchard et Marie-Julie Gagnon, aux Éditions Hachette, 384 pages.

Si on a l’intention de voyager au Québec cet été, ce guide nous aidera à bâtir notre propre circuit en fonction de la durée de nos vacances (huit jours ou plus) et, bien sûr, de nos intérêts. En plus de faire le tour de tous les monuments et de tous les sites incontournables d’un bout à l’autre de la province, il propose en effet plein d’activités sortant des sentiers battus.

Une femme regarde les hommes regarder les femmes

Siri Hustvedt, aux Éditions Actes Sud / 
Leméac, 240 pages.
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Siri Hustvedt, aux Éditions Actes Sud / Leméac, 240 pages.

Ce n’est pas d’hier que l’écrivaine américaine Siri Hustvedt s’intéresse à la peinture et aux arts, Tout ce que j’aimais, un roman exceptionnel paru au début du troisième millénaire, le prouvant noir sur blanc. Dans ce livre, elle délaisse toutefois la fiction pour nous amener à voir de plus près la façon dont les grands artistes de sexe masculin représentent les femmes sur la toile. Et ce qu’elle nous fera remarquer sera souvent dérangeant.