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Alternatives au hijab

Femme portant un béret
Photo courtoisie Ce béret a-t-il l’air d’un signe religieux ?

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Je regardais des photos prises en Israël, à Safed, une ville sainte accrochée à flanc de collines où cohabitent artistes et cabalistes – des mystiques juifs –, quand j’ai eu un moment « eurêka ! » au sujet du projet de loi 21.

On ne peut nier que les musulmanes voilées porteront une grosse part du fardeau de la laïcité – il y a plus d’enseignantes que de juges – même si elles ne sont pas plus visées par la loi que les sikhs, les juifs ou les chrétiens. Mais c’est surtout leur colère qu’on entend, et je le comprends, même si j’appuie le PL 21 au nom du bien commun.

Solution !

Et s’il y avait une solution au dilemme « si je porte mon hijab, je perds mon travail » ? Pardieu, il n’y a pas que le foulard islamique, ou hijab, pour couvrir les cheveux.

Sur mes photos, une Israélienne ultra-orthodoxe porte non pas la perruque, comme on en voit souvent à Montréal dans les secteurs hassidiques, mais un simple béret. Ses cheveux sont bien dissimulés, comme l’exige la loi juive pour les femmes mariées pratiquantes.

Sur une autre photo, une jeune femme cache ses cheveux sous un turban. Les bandeaux colorés ont aussi la faveur chez les jeunes (« jetez vos vieilles guenilles », suggère le quotidien de gauche Haaretz). Certains sont sertis de cristaux Swarowski, de perles, de rubans, et brodés de fil d’or.

Certaines femmes orthodoxes plus traditionnelles portent une cloche en feutre ou même une tuque à la Catherine Dorion.

D’autres préfèrent des foulards triangulaires noués savamment et appelés tichel, qui rappellent les turbans de Simone de Beauvoir.

Et il y a la perruque.

L’idée, c’est de soustraire les tignasses féminines au regard des hommes, pas de devenir un panneau-réclame pour l’islam, non ?

Eh bien oui. Le hijab sert aussi de marqueur identitaire.

Pour Dieu

Juives et musulmanes qui couvrent leurs cheveux envoient le signal qu’elles souhaitent que leur différence soit reconnue : « J’obéis à Dieu ».

Les hommes ont la vie plus facile que les femmes dans cet univers du PL 21 : les plus radicaux, les salafistes, portent une longue barbe, mais se rasent la moustache. Aucun problème : les barbes islamiques, comme les tresses des rastafariens, seront protégées, parce que « ça fait partie du corps », a dit le ministre Jolin-Barrette.

Je ne crois pas que mon idée de remplacer le hijab par un couvre-chef 100 % laïque sera bien accueillie par les imams conservateurs. Le béret et le bandeau ne cachent pas le cou, si provocant...

Enfin, il ne faut pas oublier que le hijab sert aussi à différencier la femme musulmane des non-musulmanes. Ou la musulmane croyante des mécréantes. Le béret ou le turban n’accompliront pas cette mission.

La perruque non plus.

Compromis

Mais dans un monde quasi parfait, les enseignantes musulmanes accepteraient de couvrir leurs cheveux autrement qu’avec un hijab religieux, quitte à porter un col roulé, et le ministre Jolin-Barrette applaudirait ce compromis de génie.

L’injonction religieuse, c’est de se couvrir les cheveux, d’être pudique. Pas de porter « le » hijab.

Facile, non ? Non.

Le niveau de bonne volonté n’est pas rendu là, mais continuons de parler.