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Années parisiennes: Alain Lefèvre revisite Satie, Ravel, Debussy et Frank

Alain Lefèvre
Photo courtoisie Alain Lefèvre

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Alain Lefèvre est un musicien capable d’envolées pianistiques musclées, explosives et spectaculaires. Il est aussi capable de douceur, de retenue et de calme comme il le montre sur son premier album pour Warner Classics.

Le pianiste revisite sur Années parisiennes/My Paris Years, qui vient tout juste d’être lancé, des compositions de Debussy, Ravel, Satie et César Frank.

On retrouve, entre autres, Arabesque No.1 (Debussy), les Gymnopédies 1, 2 et 3 de Satie et Sonatine de Maurice Ravel.

Des airs et des sonorités qui sont éloignés des grandes envolées d’André Mathieu, Rachmaninov, Scriabine et de Walter Boudreau.

«Années parisiennes est un disque en toute intimité, en douceur et, j’espère, en raffinement. Ce qui ne veut pas dire que c’est facile à jouer. Tout est en nuances et en douceur. C’est aussi un défi de faire ça, et faut être le plus respectueux possible des œuvres créées», a-t-il mentionné, lors d’un entretien.

Cet album est un retour sur les quatre années qu’il a passées en France, à partir de 17 ans, où il a étudié le piano et la composition au Conservatoire national de musique de Paris.

«J’ai choisi des pièces que j’ai beaucoup travailléees avec mon professeur et mentor Pierre Sancan», a-t-il indiqué.

Une belle aventure

Alain Lefèvre éprouve un sentiment de fierté et d’accomplissement avec cette collaboration inespérée et inattendue avec Warner Classics.

«C’est un accomplissement. Et c’est aussi quelque chose de très émouvant. Mon parcours a été plus difficile et plus long. Les choses se sont déroulées étape par étape. Les gens de Warner Classics sont venus me chercher en me disant que mon parcours les intéressait. C’est une très belle aventure», a-t-il fait savoir.

Le premier album de cette association est un album, précise-t-il, qui fait du bien.

«C’est un album qui tombe bien à une époque qui n’est pas relaxante du tout», a affirmé le virtuose.

On a parfois tendance à l’oublier, mais Alain Lefèvre est né à Poitiers en France. Il a passé les quatre premières années de sa vie là-bas, avant d’émigrer avec ses parents à Montréal.

«J’avais trois choix lorsque j’ai terminé mes études au Québec. Je pouvais aller poursuivre mes études supérieures à l’école Juilliard à New York, en Russie ou à Paris», a-t-il dit.

Il a réussi à se qualifier et obtenir une place d’étudiant étranger. Ce qui lui permettait de voir ses études être payées.

«J’ai été accepté comme étudiant étranger dans le pays où je suis né», a-t-il fait remarquer, avec un certain amusement.

Le pianiste raconte avoir oublié, à quelque part, ses origines françaises.

«J’ai réalisé que je n’avais presque pas joué ou enregistré de musique française durant ma carrière. Oui, je suis profondément, intégralement et totalement Québécois, mais il était temps que je dise au monde que je suis aussi d’origine française. C’est quelque chose que je ne peux pas, non plus, ignorer», a-t-il laissé tomber.

Reconnaissant

Le musicien a toujours été reconnaissant envers sa terre d’accueil. 

«Je trouve que beaucoup de gens, surtout certains qui viennent de l’extérieur, sont souvent extrêmement rapides à fesser sur les Québécois et c’est quelque chose qui me blesse profondément. C’est le Québec qui m’a tout donné», a fait savoir ce fils d’immigrant.

Alain Lefèvre n’a pas l’intention, pour le moment, de faire une tournée avec le matériel que l’on retrouve sur cet album.

«Ce sont des pièces très intimistes et j’ai plus l’impression que c’est un album qui s’écoute. Je ne sais pas si c’est un disque de musique qui se voit en spectacle. Ce sont des pièces que je pourrais, par contre, intégrer dans un concert. Faire uniquement ça serait, je crois, une erreur», a-t-il expliqué.

Le pianiste est sur le point d’enregistrer deux autres albums pour Warner Classics. Un premier sur lequel on retrouvera sept compositions et un deuxième, consacré à la musique d’André Mathieu, avec la pianiste Hélène Mercier. Il a aussi quatre autres projets d’albums qui sont en marche.