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Un Québécois qui a fait fortune dans la fabrication de drogue raconte dans un balado comment il a bâti son labo

Le démantèlement du laboratoire de drogue de synthèse à Mirabel le 30 octobre 2018 n’a rien à voir avec le fabricant de drogue qui se confie dans ce reportage.
Photo d’archives, Axel Marchand-Lamothe Le démantèlement du laboratoire de drogue de synthèse à Mirabel le 30 octobre 2018 n’a rien à voir avec le fabricant de drogue qui se confie dans ce reportage.

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Un Québécois qui a fait fortune en fabriquant l’une des drogues les plus populaires au pays raconte comment il a bâti un laboratoire très lucratif sans éveiller les soupçons de la police pendant des années.

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Des connaissances approfondies en chimie, des habiletés mathématiques, mais surtout un sens des affaires aiguisé. C’est entre autres ce qui lui a permis d’établir une entreprise illicite qui lui rapportait des centaines de milliers de dollars par mois.

« Plusieurs grosses équipes travaillaient pour moi, explique le trafiquant. Tu ne peux pas mener ça à terme tout seul [...]. »

Notre Bureau d’enquête l’a rencontré dans un restaurant en banlieue de Mont­réal dans le cadre de la nouvelle série de baladodiffusion Narcos PQ sur QUB radio. Justin a accepté de nous rencontrer, à condition qu’on ne dévoile ni son identité ni la sorte de drogue qu’il fabriquait.

► Le premier épisode de Narcos PQ sur Justin est animé par Brigitte Noël et Félix Séguin.

 

Lourde sentence

Il a été arrêté et a écopé d’une lourde sentence. Aussi surprenant que cela puisse paraître, Justin accepte de nous parler parce qu’il est tout de même fier de ce qu’il a fait. Il croit que l’entreprise qu’il a créée mérite le respect.

À l’adolescence, Justin vendait de la marijuana.

« Ça a commencé jeune [...], parce que je voulais faire des études, raconte-t-il. C’était plus facile pour moi, ça me donnait plus de temps pour étudier. C’était toujours pour avoir plus de temps, j’aimais m’amuser. Mais quand tu commences dans ce milieu-là, tu n’as plus de temps libre. »

Quelques années plus tard, il a décidé de tenter un « coup de circuit », dit-il, en se lançant dans les drogues de synthèse.

Il jure n’avoir jamais consommé de drogue de sa vie, même pas un joint. Mais il a vite été incommodé par son produit.

Vapeurs résiduelles

« C’est dur de travailler dans des conditions comme ça, dit-il. Quand tu es exposé à ça, tu ne dors pas bien. Les gens qui ont des problèmes psychologiques, ça les accentue. Quand tu es paranoïaque, tu peux tomber en psychose », avance-t-il.

Il ajoute que les produits s’incrustent dans les pores de la peau, dans les bronches.

Mais c’est la santé des consommateurs qui en souffre véritablement. Selon les données colligées par Santé Canada, 2800 Canadiens meurent chaque année après avoir subi une overdose liée aux drogues de synthèse.

Selon les calculs de la SQ en 2016, les laboratoires pouvaient produire jusqu’à 29 400 kg de stupéfiants par année. Et la tendance serait à la hausse.

Selon Santé Canada, 2800 Canadiens meurent chaque année après avoir subi une overdose liée aux drogues de synthèse.

 


► Parmi les drogues de synthèse les plus consommées au pays, on retrouve le speed, la méthamphétamine, la MDMA, la kétamine et le GHB, pour n’en nommer que quelques-unes.

 

Narcos PQ

Nouveau balado du Bureau d’enquête

► Une poignée de Québécois trempent dans le narcotrafic de grande envergure. Certains se sont fait arrêter, d’autres non. Narcos PQ raconte leurs histoires.

► Dans une série d’entrevues exclusives disponibles sur le site www.qub.radio, barons de la drogue, mules et producteurs lèvent le voile sur une industrie criminelle florissante.