/news/currentevents
Navigation

Deux ans après son accouchement, elle n’est toujours pas reconnue comme la mère

Coup d'oeil sur cet article

Une femme qui a été hospitalisée dix jours après son accouchement en 2017 et qui conserve d’importantes séquelles lutte toujours pour être reconnue comme la mère de son garçon.

Caroline Lacasse a été admise d’urgence à l’hôpital 10 jours après son accouchement il y a bientôt deux ans. 

«Elle a fait trois arrêts cardiaques. On craignait pour sa vie», raconte avec émotion son conjoint, Jean-François Aubé. 

C’est un mystérieux virus qui a plongé Mme Lacasse dans le coma le 10 août 2017. Son conjoint s’est retrouvé avec trois enfants à sa charge, dont un nouveau-né. 

«Il a fallu que je me sépare de mon garçon pour pouvoir m’occuper de mes deux filles et pour être au chevet de ma conjointe. Il a fallu que je me sépare de mon garçon pendant trois mois pour être certain qu’il ait les soins nécessaires», raconte le père. 

Et comme si ce n’était pas suffisant, il se rend compte par la suite que son fils n’existe pas aux yeux de l’État. 

«C’est après ces trois mois-là que j’ai reçu des papiers du gouvernement disant qu’il ne reconnaissait pas la naissance de mon garçon et qu’il reconnaissait encore moins sa mère», explique M. Aubé.

«Mère non déclarée» 

On peut lire «mère non déclarée» sur le certificat de naissance de Félix-Antoine. C’est qu’avant de tomber malade, Caroline Lacasse n’a pas eu le temps de remplir la déclaration de naissance de son fils. 

Or, les règles exigent que, pour apparaître sur le certificat de naissance comme parent, il faut avoir rempli le formulaire en question. 

«Je trouve que c’est un non-sens de me battre. C’est un certificat de naissance, mais on refuse de reconnaître la mère. On peut toujours douter du père, mais on ne peut pas douter de la mère», plaide le père. 

Caroline Lacasse est restée trois mois dans le coma et elle garde des séquelles du virus qui l’a terrassée. Elle a retrouvé la parole, mais elle est restée lourdement handicapée et vit dans un centre de soins de longue durée. 

Son conjoint ne lui a pas dit qu’elle n’est pas reconnue comme la mère de Félix-Antoine. 

«Non, je ne lui ai pas dit. Je ne veux pas lui infliger de la peine pour rien. J’ai assez de choses à vivre. Je n’ai pas besoin de me battre en plus pour ça.» 

Sans emploi, il peine à voir le bout du tunnel. Il s’occupe à temps plein de sa femme et de ses enfants. Une campagne de sociofinancement a d’ailleurs été mise sur pied pour lui venir en aide.