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France : Macron annonce lundi des mesures pour répondre aux « gilets jaunes »

Emmanuel Macron
Photo AFP Emmanuel Macron

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Le président français Emmanuel Macron annonce lundi à la télévision la série de mesures qu’il entend prendre pour répondre aux revendications politiques, économiques et sociales des « gilets jaunes » mobilisés depuis cinq mois.

Le chef de l’État sait qu’il joue gros : il a l’obligation de convaincre ses concitoyens pour ne pas compromettre la suite de sa présidence.

C’est lors d’une allocution à 20 h (18 h GMT) à la télévision qu’il dévoilera « les chantiers d’action prioritaires et les premières mesures concrètes », a fait savoir l’Élysée dimanche soir.

Mais ce n’est pas tout. Mercredi, il « fera de nouvelles annonces », « expliquera et détaillera » ses grands chantiers, lors d’une conférence de presse à l’Élysée. Il s’agira de la toute première en France depuis le début de son quinquennat en mai 2017.

Comme cet amateur de théâtre aime à le faire, il entretient le suspense depuis des semaines sur cette intervention, aidé par son entourage.

Il avait lancé mi-janvier le « grand débat national » (« GDN »), un format inédit, afin de dénouer la pire crise survenue depuis son accession au pouvoir, celle des « gilets jaunes », ces Français qui protestent depuis la mi-novembre contre la politique fiscale et sociale du président.

Emmanuel Macron a participé à une centaine d’heures de débats à travers tout le territoire, sans ne jamais rien livrer. Sans doute faute d’avoir arrêté ses choix. Le 9 avril, rien n’était encore tranché, révélait l’un de ses proches. « C’est un président de fulgurances qui souvent arbitre au dernier moment », selon un autre.

Seul indice distillé dimanche, des « changements en profondeur vont être lancés » pour marquer « un nouvel acte ». Certains promettent même « des surprises » pour lundi. Cependant, « il ne faut pas tout attendre » de l’allocution de lundi, tempèrent-ils.

« Dernière chance ? »

Emmanuel Macron avait usé du même suspense le 10 décembre, ne prévenant qu’au dernier moment une poignée de collaborateurs de son plan de 10 milliards d’euros pour calmer la colère sociale. Ses ministres l’avaient découvert à la télévision.

Cette fois, à 24 heures de sa prise de parole, « les annonces sont prêtes », assure son entourage. Et pour une fois, il en a informé à l’avance son gouvernement : il a reçu dimanche soir son premier ministre Édouard Philippe puis ses principaux ministres.

Le goût du mystère du président a accru les expectatives, au risque qu’il ne déçoive. La sortie du grand débat « va durer longtemps » et « ne se fera pas en trois annonces », avait-il d’ailleurs prévenu fin mars.

Avant d’avertir aussi que toutes les attentes, parfois contradictoires, des Français ne pourraient être satisfaites. « Additionner 66 millions de voix individuelles ne construit pas un projet commun », a-t-il souligné lors d’un déplacement à Saint-Brieuc, une ville de l’ouest de la France.

Des sondages ont d’ailleurs montré que les « gilets jaunes » — qui se sont déjà donné rendez-vous pour un 23e samedi de mobilisation à Paris — comme une majorité de Français, ne s’attendent pas à ce que le grand débat puisse résoudre la crise.

Pistes multiples

Selon un sondage IFOP publié dimanche, 85 % des Français jugent qu’Emmanuel Macron doit modifier son attention à leurs préoccupations.

Dans tous les cas, Emmanuel Macron « n’aura pas de seconde chance », l’a averti le président du Sénat, Gérard Larcher (LR, droite).

La pression est donc maximale pour cette allocution censée relancer un quinquennat en perte de vitesse.

Depuis l’été dernier, les affaires liées à son entourage, les démissions de ministres de premier rang et la révolte des « gilets jaunes » ont enrayé la politique de « transformation » du pays sur laquelle il avait été élu.

Parmi les multiples pistes évoquées durant le grand débat, lesquelles a-t-il retenues in fine ? Certaines ont été exclues très vite, comme le retour de l’impôt sur la fortune (ISF), qui taxait les plus riches, dont la suppression lui a valu d’être décrit comme le « président des riches ».

Depuis quelques jours, chacun avance ses pions. Pour le premier ministre et Laurent Wauquiez, le président du parti de droite Les républicains (LR), les Français exigent des baisses d’impôt. Pour le syndicaliste Laurent Berger (CFDT, réformiste) et la gauche, la priorité est à une meilleure justice fiscale et à l’écologie. De son côté, le chef de file de l’extrême droite Marine Le Pen prône une dissolution et un système proportionnel.

Selon le sondage IFOP, 88 % des Français veulent réindexer les petites retraites sur l’inflation, 87 % obliger les médecins à s’installer dans les déserts médicaux, 82 % une baisse générale de l’impôt sur le revenu et 80 % supprimer la redevance télévision.