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La violence au quotidien chez les auxiliaires en santé

Les résultats d’un sondage sur les soins à domicile sont troublants

Auxiliaire en santé Donald Goulet
Photo courtoisie, Michel Giroux L’auxiliaire Donald Goulet, qui rencontre les bénéficiaires chez eux, déplore les conséquences de la réforme de l’ex-ministre Barrette.

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Des milliers d’auxiliaires en santé de partout au Québec affirment avoir été victimes de violence psychologique ou physique de la part des bénéficiaires, selon un sondage dévoilé aujourd’hui.

« Elle est quasi quotidienne la violence. J’en ai vécu pas plus tard qu’aujourd’hui. Lorsqu’un bénéficiaire attend son insuline depuis 8 h le matin, il devient impatient lorsqu’on arrive à 11 h », explique Donald Goulet, auxiliaire aux services de santé et sociaux (ASSS) depuis 31 ans.

Les auxiliaires sont ces employés qui voient à l’hygiène et aux besoins généraux des personnes au quotidien.

Dans un récent sondage réalisé par la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), 88 % des auxiliaires disent avoir été victimes de violence psychologique ou physique de la part des bénéficiaires ou de leur famille.

Des résultats qui n’étonnent pas le président du syndicat, Jeff Begley.

Détresse élevée

« Ce qui m’aurait étonné, c’est si on n’en avait pas parlé. Le taux de détresse est très élevé. Il faut que ça devienne une préoccupation pour le ministère. Il faut agir là-dessus », a-t-il signifié.

Dans sa carrière, Donald Goulet a connu plusieurs bouleversements à chaque changement de gouvernement.

Or, rien pour lui n’est comparable avec la réforme Barrette lancée en 2015.

L’homme de 59 ans estime que l’ancien ministre de la Santé a investi trop de temps dans la gestion des dirigeants, le salaire des médecins et la construction de mégastructures.

« On a la langue à terre. On ne suffit pas à répondre aux soins courants. On manque de staff parce que nous sommes mal organisés. Les gens se ramassent à l’hôpital, car ils ne sont pas traités chez eux », souligne M. Goulet.

Et il n’est pas le seul à évoquer cette désorganisation, alors que 92 % des 2693 répondants du sondage indiquent avoir observé des situations mettant à risque la sécurité des bénéficiaires dont ils ont la responsabilité.

Du jamais-vu

Pour la FSSS, on n’a jamais recensé autant de résultats négatifs sur la surcharge de travail de ses membres.

« On travaille, toujours stressés, dans la peur quotidienne de faire des erreurs, d’être confrontés à ne pas répondre correctement aux besoins réels des bénéficiaires, d’être envahis par la détresse de devoir passer outre les besoins de ces laissés-pour-compte », décrit l’un des 10 500 commentaires des auxiliaires qui ont été envoyés au syndicat.

DES RÉSULTATS INQUIÉTANTS

♦ 45% Ratio des auxiliaires qui disent ne pas pouvoir faire leur travail consciencieusement.

♦ 10% Pourcentage des répondants qui indiquent avoir le temps nécessaire pour effectuer les tâches essentielles au bien-être des bénéficiaires.

♦ 65% Pourcentage des auxiliaires qui doivent effectuer des appels et des suivis en dehors de leurs heures de travail.

♦ 12% Ratio des sondés qui estiment répondre adéquatement aux besoins des bénéficiaires et de leurs proches.

- Avec la collaboration de Héloïse Archambault