/opinion/blogs
Navigation

Le transport en commun, c’est bon pour la santé!

Le transport en commun, c’est bon pour la santé!
Photo courtoisie Ville de Québec

Coup d'oeil sur cet article

En plus de lutter contre la congestion routière, le transport en commun améliore la santé de la population. Les gens qui prennent le transport en commun marchent plus que ceux qui prennent leur auto car ils doivent se déplacer à pied ou en vélo pour se rendre à l’arrêt du transport en commun et en revenir. Les usagers du transport en commun sont quatre fois plus susceptibles de marcher les   

10 000 pas/jour recommandés que les automobilistes.   

Cet effet du transport en commun est important pour la santé car l’inactivité physique est liée à des taux plus élevés d’obésité, de cancer, de maladie cardiaque, d’hypertension et de diabète adulte. Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’inactivité physique est aussi la principale cause d’au moins 10 % des diagnostics de cancer du sein et du colon au Canada. À l’heure où 51% des Québécois ont un surplus de poids, il est temps d’aménager nos villes pour inciter à l’exercice physique.  

Le transport en commun, surtout lorsqu’il est électrifié, diminue la pollution atmosphérique du transport automobile, responsable à lui seul de 40 à 80% des émissions nocives, selon le polluant. Ces niveaux de pollution ont des impacts très néfastes. Dans les pays développés comme le Canada, la pollution de l’air est associée au tiers des maladies cardiovasculaires, et contribue fortement à l’asthme chez les enfants, aux maladies pulmonaires obstructives chroniques, aux infections respiratoires et cancers de la trachée, des bronches ou du poumon. Elle est responsable d’environ 2000 décès prématurés par année au Québec, dont environ 300 dans la seule région de Québec. De plus, des études récentes associent la pollution de l’air à la démence chez les adultes, et à l’autisme et aux retards cognitifs chez les enfants.    

Lorsqu’un transport en commun efficace, rapide et confortable attire les gens, ceux-ci délaissent leur auto pour se transporter. Or, environ 50% de l’espace de nos villes québécoises est dédié à l’automobile. Un transfert modal vers le transport en commun permettra ainsi de libérer l’espace nécessaire au verdissement de nos villes, ce qui sera extrêmement bénéfique pour la santé de la population. En effet, selon des centaines d’études, le verdissement urbain diminue significativement les niveaux de stress, de dépression, d’autisme, le risque de diabète, le risque d’hypertension, de 40 % le risque d’embonpoint ou d’obésité et de 10% la mortalité prématurée, quand on compare les zones les plus vertes aux moins vertes.   

Toutes ces maladies coûtent très cher à notre société. Ces coûts liés à l’inactivité et à la pollution s’élèvent à des milliards par année pour le Québec. Or, selon le US Environmental Protection Agency, chaque dollar investi dans la lutte contre la pollution de l’air ambiant entraîne des bénéfices de 30 $US. Notre dépendance à l’automobile nous tue et nous rend malades. Il est temps d’opter pour des infrastructures innovantes en transport en commun comme d’autres villes ou pays l’ont fait pour protéger la santé de leurs citoyens. Il faut créer des réseaux efficaces, rapides, confortables et attrayants qui augmentent notre mobilité, favorisent l’exercice physique et réduisent la pollution atmosphérique.     

  • Pierre Gosselin MD;   
  • Johanne Elsener DMV;   
  • Isabelle Goupil-Sormany, MD;   
  • Andréanne Dusseault MD;   
  • Marie Gourdeau MD;   
  • Michel F. DeGrâce, MD;   
  • François Reeves MD;   
  • Julien Poitras, MD;   
  • Jacques Levasseur, MD;   
  • Thierry Arseneau MD;   
  • Philippe Robert MD;   
  • Isabelle Nault MD;   
  • Patrick Levallois MD;   
  • Pierre-L.Auger MD;   
  • Benoît Lévesque MD;   
  • Benoît Gingras MD;   
  • Paul-André Desmarais MD;   
  • Philippe Pibarot, D.M.V;   
  • Frédéric Jacques MD;   
  • Maxime Laflamme MD;   
  • François Desbiens MD.   

Les signataires ci-dessus sont affiliés à divers établissements, pour fins d’identification: Faculté de médecine, Université Laval; Centre médical Donnacona, CLSC de Donnacona (pédopsychiatrie); CHU de Québec-Université Laval; Faculté de médecine, Université de Montréal; Jeunes médecins pour la santé publique; CIUSSS-CN; CIUSS-CA; INSPQ; IUCPQ;