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Les beautés de l’éloignement

Les Murailles est une histoire bien racontée et bien jouée

Les Muraille
Photo courtoisie, Vincent Champoux Avec Les Murailles, l’écrivaine et comédienne Erika Soucy propose une histoire bien écrite, bien racontée et, surtout, un beau moment de théâtre.

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Il y a ceux qui quittent leur famille pour aller gagner leur vie dans le nord et il y a les autres qui sont laissés derrière. Les Murailles témoigne, dans une pièce fort réussie, de cette réalité souvent méconnue.

À l’affiche jusqu’au 20 avril, au Théâtre Périscope, Les Murailles est l’adaptation théâtrale du roman d’Erika Soucy.

Un roman où la jeune poète raconte son séjour d’une semaine sur le chantier La Romaine, sur la Côte-Nord, où elle est allée voir qu’elle était la vie de son père là-bas. Un père qui n’était pas souvent à la maison.

Surnommée « la fille à Mario », la jeune poète, qui tient son propre rôle, découvre un monde, qui, avec ses joies, ses peines, ses routines et ses moments de bonheur, n’est pas si éloigné et différent de celui qu’elle connaît.

Mis en scène par Maxime Carbonneau, Les Murailles se déroule dans un environnement scénique minimaliste. On retrouve une table qui se déplie, les costumes des comédiens et de nombreux éléments d’éclairages.

Tout repose sur un texte qui a été superbement adapté par l’auteure et sur une distribution de qualité.

La plume d’Erika Soucy est vivante. Les images et les descriptions sont évocatrices et savoureuses. L’histoire est jouée, racontée, témoignée, et elle comporte de belles insertions de poésie. La poète dévoile, à travers tout ça, des moments de son enfance.

On assiste à un beau moment lorsque Erika et son frère Martin unissent leurs voix pour parler de leur père, Mario.

Excellente distribution

Les Gabriel Cloutier-Tremblay, Philippe Cousineau et Éva Daigne, qui jouent plusieurs rôles, et Jacques Girard, dans celui du père d’Erika, sont excellents. Philippe Cousineau offre une grande performance dans ceux de Jean-Pierre, Conrad, l’oncle Gérard et Ti-Guy.

Les murailles, comme le précise Erika Soucy, ce sont les murs qui sont érigés entre le Nord et la vraie vie, et ceux, aussi, qu’on érige en soi.

À la fin de son périple, la jeune écrivaine découvre que la vie, là-bas, est ordinaire et qu’elle a même trouvé un certain confort dans le fait de se retrouver à 1200 km de son conjoint, de son fils et de sa vie.

Les Murailles est une sorte d’hommage à l’éloignement et à ce sentiment parfois très puissant d’être bien lorsque l’on quitte, durant une certaine période, son quotidien. Les Murailles est d’abord et avant tout un beau moment de théâtre, avec des comédiens qui excellent et une histoire bien écrite et surtout bien racontée.