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«Pas pressée»: réflexions d’une fille anxieuse

Lily Pinsonneault
Photo courtoisie, Adèle Foglia Lily Pinsonneault

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Jeune auteure de talent, Lily Pinsonneault invite les lecteurs à entrer dans la tête de Jolen, une jeune femme volubile, très allumée, à l’humour mordant, dans son nouveau roman, Pas pressée. Sous un couvert pétillant et rigolo, Jolen lutte contre les démons des troubles anxieux. Avec l’aide et l’empathie de ses proches, elle apprend à voir la vie autrement et à se tenir debout même quand tout va de travers.

Devant l’échec de sa pseudo-relation avec Joseph, Jolen fait face à un mal de vivre persistant qui lui bouffe toute son énergie. Malgré tous ses efforts — même après avoir couru un demi-marathon —, elle n’arrive pas à gérer son anxiété ni à retrouver un sommeil de qualité.

<b><i>Pas pressée</i></b><br />
Lily Pinsonneault<br />
Éditions Québec Amérique, 208 pages.
Photo courtoisie
Pas pressée
Lily Pinsonneault
Éditions Québec Amérique, 208 pages.

Son cerveau en effervescence est très habile pour lui en faire voir de toutes les couleurs.

Les traits tirés, fatiguée, vidée, Jolen laisse tomber son travail, déniche une « jobine » et trouve refuge dans son ancien appartement, auprès de ses anciens colocs. Son opération « survie » fonctionne et, tranquillement, elle réapprend à vivre sa vie de manière positive.

Lily Pinsonneault a une voix littéraire unique et très originale, proche de la langue parlée. Pas pressée présente le même personnage principal que son roman précédent, Sauf que j’ai rien dit, mais ce n’est pas une suite.

« Dans le premier roman, on voyait le déclin de Jolen. Elle était en détresse. J’ai voulu creuser un peu plus et montrer son malaise », explique-t-elle, en entrevue.

« Je voulais qu’on recule un peu et qu’on voie tout le filet social qui est autour d’elle, qui est en train de stresser. Elle a des parents, des amis. Elle est vraiment bien entourée. »

Nuage d’orage

Jolen est envahie par ses angoisses et ses pensées sombres comme un nuage d’orage, même si aucun diagnostic n’est posé dans le roman. « Je voulais illustrer le trouble anxieux », dit l’auteure.

C’est un problème qu’elle connaît bien. « Ça a été difficile pour moi d’écrire ce roman sans replonger dans des épisodes de ma vie qui sont très près de ceux qui sont dans le roman. Sans entrer dans les détails, c’est ancré dans des épisodes de ma vie et de personnes que je connais intimement. »

Dans le roman, elle montre aussi que la vie continue, à travers des bonnes et des moins bonnes journées d’une fille attachante qui voit la vie à travers le prisme de son anxiété. « Je voulais réconforter, écrire un livre que j’aurais aimé lire, à un certain moment de ma vie. Ça se peut d’aller mieux. »

Efforts

Se soigner demande à Jolen plus d’efforts qu’aller passer une petite journée au spa.

« Elle avait besoin de faire le tour de la question avant de passer à d’autres projets. L’anxiété a plusieurs symptômes ; c’est pas juste d’hyperventiler dans un coin. Je voulais que Jolen prenne le temps de se soigner. C’est pour ça que le roman s’appelle Pas pressée. Je la vois évoluer et je suis fière d’elle. »


► Lily Pinsonneault a vécu à Saint-Hyacinthe avant de déménager à Montréal.

► Elle a aussi écrit Sauf que j’ai rien dit.