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Tournoi des Maîtres : journée incroyable

L’une des meilleures rondes finales de l’histoire

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Photo AFP Francesco Molinari s’est dirigé tout de go vers Tiger Woods pour le féliciter au terme de la dernière ronde.

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AUGUSTA | Le dicton golfique ne peut être plus véridique. Le Masters est gagné sur le retour en ronde finale. L’Amen Corner peut déjouer le plus rusé des golfeurs. Francesco Molinari l’a appris à ses dépens, dimanche.

En frappant sa balle à la flotte dans Rae’s Creek au 12e fanion tandis qu’il menait par un petit coup et affichait un sang-froid alarmant, l’Italien de 36 ans a flanché. Il a ajouté son nom à cette longue liste de golfeurs ayant noyé leurs espoirs dans ce ruisseau. Le dernier en lice, Jordan Spieth en 2016 alors qu’il était en plein contrôle du tournoi.

Avec un double boguey, il a ouvert la porte à Tiger Woods. Les deux athlètes s’étaient livré un furieux combat à l’allée. Le genre de combat qui à un certain moment tourne mal. Molinari en a payé le prix avec un coup errant, beaucoup trop à court sur cette normale 3 de 155 verges, faisant frémir en raison des soudains changements de direction des vents, l’étroitesse du vert en angle, les fosses, etc.

À l’approche de la tempête, le ciel se faisait menaçant. Les alertes de tornades tapissaient les manchettes en Géorgie en début d’après-midi. Les vents s’étaient levés sur le parcours.

Le chrono filait avant le déluge. Molinari est tombé dans le piège ayant même surpris les plus grands. Il a ouvert une grande porte. Tiger en a aussitôt profité. Rusé félin, il l’attendait.

Rare gaffe

« C’était une mauvaise exécution. Nous avons choisi le bon coup, je n’ai pas frappé assez fort. C’est aussi simple que ça, a expliqué celui qui a fait cette rare fausse note de la semaine. C’était une journée difficile avec les rafales. J’ai réussi à bien m’en tirer à l’aller, mais j’ai flanché avec des gaffes mentales qui ont coûté très cher au retour. C’est tout. »

Jusqu’au septième fanion, Molinari suivait une cadence sans faute. Il y a inscrit un premier boguey en 49 trous, lui qui n’en avait pas commis depuis le 11e fanion en ronde initiale. Dans un retour catastrophique, il a ajouté un autre double boguey en envoyant sa balle à l’eau devant le vert du 15e, une normale 5. Il ouvrait ainsi la voie aux poursuivants. Dustin Johnson, Xander Schauffele, Patrick Cantlay et Brooks Koepka montraient les crocs dans une course à cinq.

Plus grosse victoire

Woods devait suivre la cadence et il a emboîté le pas en prenant les devants par deux coups avec une frappe magistrale qui a terminé sa course à quelques pouces du drapeau sur la normale 3 du 16e. Un quasi-trou d’un coup comme l’avaient réalisé Bryson DeChambeau et Justin Thomas quelques heures plus tôt.

« Il y avait tellement de scénarios possibles sur ce retour avec tous ces gars ayant une chance de gagner, le tableau était complètement congestionné. Ils jouaient tous bien. On ne pouvait avoir plus dramatique un dimanche, a souligné le Tigre qui a terminé avec un score cumulatif de -13, un coup de mieux que Johnson, Koepka et Schauffele. Je sais ce dont je parle. C’est très difficile.

« C’est la plus grosse victoire de ma carrière. C’est la première fois que je reviens de l’arrière dans un majeur. Je peux maintenant en gagner », a conclu le Tigre qui avait exprimé la volonté de savourer ce champagne à nouveau.