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CRDI de Québec: une augmentation «abusive» des frais d’hébergement

Des parents d’enfants handicapés dénoncent le gouvernement

hebergement au CRDI
Photo Agence QMI, Simon Clark Mario Brochu et Christiane Dion jugent exagérée l’augmentation des frais pour l’hébergement d’un adulte au CRDI de Québec.

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Plusieurs parents mécontents dénoncent une augmentation « abusive » des frais pour l’hébergement d’un adulte au CRDI de Québec, affirmant du même coup qu’on profite des gens les plus démunis de la société.

Déçue, Sylvie Bédard estime que le ministère de la Santé et des Services sociaux exagère. À la fois mère et curatrice, Mme Bédard proteste contre une augmentation d’environ 17,5 % de la contribution pour l’hébergement, alors que le montant de l’aide sociale n’a augmenté que de 8,5 %.

Sa fille de 28 ans demeure dans une ressource de type familial du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle de Québec (CRDI). En général, il s’agit d’une clientèle atteinte de déficience intellectuelle ou d’un trouble du spectre de l’autisme.

Avec des contraintes sévères, la prestation mensuelle est passée de 1061 $ à 1123 $ en janvier 2019 et la contribution pour l’hébergement, perçue par le CIUSSS de la Capitale-Nationale, de 747 $ à 878 $ en février 2019.

Des gens démunis

« C’est une aberration. On profite des gens démunis, car plusieurs n’ont plus de famille, ou ils ont été abandonnés, tout simplement. On donne d’un côté et on enlève encore plus de l’autre », affirme Sylvie Bédard.

« Ce n’est pas acceptable. Il faut les défendre. Mon fils de 37 ans travaille et il a des besoins comme tout le monde. Il doit s’habiller, il prend l’autobus et il a quelques loisirs », mentionne également Christiane Dion. Normalement, un locataire peut se tourner vers la Régie du logement pour protester contre une hausse abusive du loyer, mais ce recours n’existe pas pour les gens vivant dans une résidence en contrat avec le réseau de la santé.

« Ma fille est un peu plus jeune, mais comme les autres il lui reste moins d’argent dans ses poches. Ça me dépasse et on n’a aucune explication », ajoute René Côté.

Aucune raison

« On voudrait que nos enfants soient intégrés dans la société, mais on vient leur enlever de l’argent. Une chance qu’on est là parce qu’elle n’en aurait pas assez », précise Mme Bédard. Des organismes d’aide soutiennent aussi leur démarche. « Ce qui choque le plus les proches, c’est le fait que les augmentations n’ont aucun justificatif, comme l’augmentation de services ou l’amélioration du milieu de vie dans les résidences », ajoute Odile Bourdage, intervenante communautaire à l’Association pour l’intégration sociale de la région de Québec (AISQ). Cette hausse ne plaît pas non plus au comité des usagers du CRDI.

« On dénonce aussi cette grosse augmentation qui va à l’encontre du principe de base du gouvernement avec son plan de lutte à la pauvreté. C’est un peu décourageant », affirme la présidente Marie-Josée Dutil. Les familles concernées espèrent maintenant que le gouvernement sera sensible à leur appel.