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Industrie du taxi: une aide financière bonifiée proposée par Bonnardel

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Québec propose de bonifier la somme versée aux chauffeurs de taxi afin de compenser l’abolition de leur permis en allant piger dans les poches de leurs clients. Une offre jugée inacceptable sous certains aspects selon l’industrie.

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À l’aide d’un amendement au projet de loi 17, une redevance temporaire de 0,90 $ serait introduite pour l’ensemble des courses effectuées au Québec, jusqu’à concurrence de 270 millions $.

Selon le ministre des Transports, François Bonnardel, ce montant permettrait de rembourser la valeur initiale déboursée par les chauffeurs de taxi en 5 ou 6 ans.

Le ministre Bonnardel juge cette offre «responsable». «Je pense qu’on répond grandement à l’insécurité des chauffeurs», a-t-il mentionné lors d’un point de presse lundi.

Un fond de 10 M$ serait également prévu à l’aide de la redevance temporaire pour les détenteurs de permis ayant des besoins particuliers. La somme de 270 millions viendrait s’ajouter aux 250 millions déjà versés en 2018 et aux 250 millions destinés aux titulaires de permis annoncés en mars dernier.

Le porte-parole du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec, Abdallah Homsy, a expliqué qu’il s’agissait d’une décision du gouvernement. «Il ne nous a même pas consultés», a-t-il dénoncé.

«La proposition du ministre revient à dire que nous aurons de meilleures funérailles, mais qu’il va quand même tuer l’industrie du taxi pour faire plaisir à Uber», a-t-il ajouté.

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Selon lui, seulement 59% de la valeur marchande serait couverte par la somme proposée, pénalisant les propriétaires de permis qui ont investi dans l’achat d’un permis il y a plus de dix ans. «Le dialogue doit continuer. Il faut qu’on aille consulter nos membres pour voir les propriétaires ce qu’ils en pensent», a mentionné M. Homsy.

Accueil mitigé

Jean Guillemard, titulaire d’un permis qu’il a payé 220 000 en 2010, voit d’un bon œil cette nouvelle proposition, malgré un projet de loi qu’il trouve «inhumain». Ce dernier avait déjà déclaré faillite lors de l’arrivée d’Uber.

«Si on me donne les 220 000, je vais payer mes dettes à la banque, et après, je quitte le taxi.» M. Guillemard aimerait ensuite «se recycler» en professeur. «C’est ma fierté qu’on m’enlève, là.»

Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de transports, Gaétan Barrette, considère qu’«on va dans la bonne direction». M. Barrette a indiqué que le dossier «aurait pu être réglé au dépôt de loi avec une compensation en lieu et place».

Ruba Ghazal, porte-parole de Québec solidaire en matière de transition économique et écologique, croit plutôt que c’est au tour d’Uber de «payer sa part». «Le ministre se vante de compenser adéquatement, mais avec des chiffres qui ne concordent pas avec ceux de l’industrie», a-t-elle déploré.

-Avec la collaboration de Marc-André Gagnon, Bureau parlementaire