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Vers la fin de la triste saga des expropriations de Mirabel

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MIRABEL – Le gouvernement fédéral conclut un autre chapitre de la rétrocession des terres expropriées en 1969 pour la construction de l’aéroport de Mirabel, s’approchant ainsi d’une fin à cette triste saga.

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Lundi matin, le ministre des Transports, Marc Garneau, qui s’est déplacé à Mirabel pour l’occasion, a annoncé la reprise du processus de rétrocession d’une portion de 748 acres de l’ancienne réserve aéroportuaire non louée et non utilisée depuis l’expropriation de 1969.

Il s’agit des derniers terrains non cédés à ce jour à l’extérieur des «clôtures» de la zone aéroportuaire actuelle gérée par Aéroports de Montréal, où des entreprises du secteur aéronautique se sont installées.

Les 748 acres seront offertes aux expropriés et/ou leurs successions qui pourront les racheter à un prix non encore déterminé.

En 1969, quelque 97 000 acres (392,5 km2) de terres avaient été expropriées dans plusieurs municipalités de la région pour permettre la construction d’un méga-aéroport, inauguré en 1975, mais fermé quelques décennies plus tard, soit vers le milieu des années 2000.

Les expropriations avaient forcé agriculteurs et résidents à se relocaliser et à refaire leur vie ailleurs. Plus de 3000 familles avaient dû céder leurs propriétés.

Après d’intenses et longues négociations, les expropriés avaient réussi à obtenir la rétrocession de 80 000 acres dans les années 1980, et de 11 000 autres en 2006. Le programme de vente de la rétrocession de 2006 avait débuté en 2008, mais n’avait pas été complété à ce jour, malgré deux prolongations. Les 748 acres au centre de l’annonce de lundi étaient restées en suspens.

En 2011, ces lots avaient été exclus du programme de vente des 11 000 acres, car ils étaient inaccessibles par voie publique, a rappelé le bureau du ministre Garneau, lundi, soulignant qu’«avant de pouvoir vendre ce terrain, Transports Canada devait le désenclaver».

Lors de l’annonce, il a par ailleurs été précisé que le gouvernement du Canada est ouvert à poursuivre les discussions avec la Ville de Mirabel et les groupes autochtones qui revendiquent des terres dans la région, afin d’«identifier [...] de futurs terrains excédentaires possibles et [de] discuter de leurs usages potentiels». «Je parle de terrains à l’intérieur de la clôture à Mirabel», a souligné M. Garneau.

Au cours de son annonce dans une salle remplie d’expropriés ou de membres de leurs familles et où l’émotion était grande, le ministre Garneau a aussi fait un mea culpa.

«On a commis une grosse erreur il y a 50 ans. C’est très clair... Je m’excuse que vous ayez été les victimes de ça», a-t-il dit.

Mais, les expropriés attendent plus, soit des excuses officielles du gouvernement du Canada et de son premier ministre, Justin Trudeau.

«M. Trudeau s’excuse souvent, souvent. On lui demande pas de pleurer, mais il s’excuse souvent et on a besoin de ça», a lancé Françoise Drapeau-Monette, une expropriée présente lors de l’annonce.

Avec la collaboration d’Andrée Ducharme, TVA Nouvelles

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