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Québec veut sensibiliser les familles obsédées par leurs écrans

Une campagne de sensibilisation est lancée

Hands circle using phones on table top view - Multiracial people holding mobile devices sitting around at office desk - Concept of friends team working and modern communication technology above image
Photo stock.adobe.com (akhenatonimages)

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Québec lance une campagne de sensibilisation afin d’amener les familles à passer moins de temps sur leurs écrans.

Yasmine Payette, 16 ans, a elle-même décidé de prendre ses distances avec les écrans après avoir réalisé à quel point le cellulaire était omniprésent dans sa vie. Au réveil, elle avait pris l’habitude de s’habiller et de déjeuner en écoutant des vidéos sur son téléphone. «Maintenant, j’essaie de m’en séparer», lance-t-elle.

Elle préfère prendre un café avec une amie plutôt que d’échanger des messages texte et assiste à des spectacles sans les filmer pour «vivre le moment présent».

C’est justement ce type de réflexion que la campagne PAUSE veut susciter. Au Québec, un adolescent sur cinq se divertit devant un écran 35 heures ou plus par semaine, sans compter le temps qu’il y consacre pour ses études.

Yasmine Payette, élève de 16 ans de l’école secondaire Vanier à Québec, a assisté au lancement de la campagne de sensibilisation menée par l’organisme Capsana, dirigée par Guy Desrosiers.
Photo Stevens leblanc
Yasmine Payette, élève de 16 ans de l’école secondaire Vanier à Québec, a assisté au lancement de la campagne de sensibilisation menée par l’organisme Capsana, dirigée par Guy Desrosiers.

Par ailleurs, près de 20% des jeunes seraient à risque de développer des problèmes de cyberdépendance, selon une récente étude sur le sujet.

Or l’important est d’en arriver à un équilibre, affirme Guy Desrosiers, chef de la direction de Capsana, l’organisme instigateur de la campagne financée par le Secrétariat de la jeunesse.

«C’est irréaliste et non souhaitable de couper complètement la technologie, lance-t-il. Le buffet technologique, il faut juste apprendre à en consommer sans exagération. Ce qu’on vise, c’est utiliser moins de temps-écran et choisir des contenus de qualité.»

Lorsqu’on consulte un écran, il faut éviter le «piège des calories vides», qui consiste à passer des heures à naviguer d’un écran à l’autre sans but précis, ajoute M. Desrosiers. Il vaut mieux aussi le faire au bon moment, en évitant les repas en famille ou la période précédant le coucher, poursuit-il.

Les parents aussi dans la mire

Les parents sont aussi dans la mire de cette opération de sensibilisation. On les invite à réfléchir à leur propre utilisation des écrans afin qu’ils deviennent de bons modèles pour leurs enfants.

Paradoxalement, la campagne de sensibilisation se déroulera... sur les écrans, avec des capsules vidéo et un site web qui permettra de fournir des conseils et autres informations aux familles.

«Internet reste un incontournable pour rejoindre les jeunes et leurs parents», affirme M. Desrosiers.

Cette campagne bénéficie d’un soutien financier de 2,5 millions $ sur trois ans. «Les écrans sont partout et on doit trouver des manières de s’en servir intelligemment et efficacement», a affirmé Samuel Poulin, adjoint parlementaire du premier ministre pour le volet jeunesse.