/news/politics
Navigation

Un maire défie la loi et suspend son DG

Le maire de Saint-Valère, Marc Plante, détient un rapport d'enquête confidentiel qui pourra alimenter son dossier de plainte.
Photo Caroline Lepage Le maire de Saint-Valère, Marc Plante, détient un rapport d'enquête confidentiel qui pourra alimenter son dossier de plainte.

Coup d'oeil sur cet article

SAINT-VALÈRE | Un maire du Centre-du-Québec, qui a suspendu indéfiniment son directeur général en plein conseil municipal, a enfreint la loi en le suspendant sans l’aval des autres élus.

Le maire de Saint-Valère, Marc Plante, a fait escorter par des policiers son directeur général, Jocelyn Jutras, lors de la séance municipale du 1er avril, qui était bondée de citoyens.

Le 5 avril, des représentants du ministère des Affaires municipales l’ont informé qu’en vertu du Code municipal, il n’avait pas le droit de prendre cette décision, sans une résolution votée au conseil.

Cri à l’aide

M. Plante croit qu’il n’avait pas d’autres options.

«C’était un cri à l’aide», a lancé au Journal le maire de ce village de 1260 habitants, près de Victoriaville.

Ce retraité des forces armées canadiennes avance qu’il y avait urgence d’agir.

Il s’opposait à l’acquisition d’un terrain qui aurait coûté, selon ses calculs, cinq fois trop cher à la municipalité.

Il avait mis ce dossier sur la glace parce qu’il lui manquait trop d’information et d’autorisations.

Or, toujours selon le maire, ce projet se retrouvait quand même à l’ordre du jour du 1er avril parce que des élus insistaient pour que cet achat se concrétise rapidement.

Pour M. Plante, c’était la goutte qui a fait déborder le vase et il a suspendu sur-le-champ son DG, qu’il considérait de connivence avec d’autres élus.

«Ouvrez les livres et venez regarder! Il y a anguille sous roche», a-t-il voulu signaler aux autorités.

M. Plante a été élu à la mairie en novembre 2017. Depuis ce temps, il déplore le manque de collaboration du DG et de certains élus, qui obtiennent souvent la majorité au vote du conseil.

«Je suis tout le temps gardé dans la noirceur [...]. C’est sûr que je vais déposer une plainte. C’est inacceptable!» déplore cet ex-adjudant-chef dans l’armée.

Sans DG

Depuis la suspension «surprise» de M. Jutras, la municipalité n’a personne à la direction générale. M. Plante s’affaire à régler le dossier de Jocelyn Jutras.

Selon la professeure de l’UQAM, Danielle Pilette, la Commission municipale serait en droit d’annuler la suspension. Le tout risque d’engendrer des frais de justice.

«Si le fonctionnaire décide de ne pas revenir, il peut y avoir des négociations pour l’indemnité de départ», ajoute l’experte en gestion municipale.

Le Journal a rencontré M. Jutras à son domicile de St-Valère, mais celui-ci a refusé de commenter la situation pour le moment.