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Une mairesse parmi d’autres

Valérie Plante
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Valérie Plante

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Il y a indéniablement quelque chose de complexe dans la relation que Valérie Plante entretient avec le fait québécois.

Chaque fois, c’est compliqué. Le drapeau du Québec n’est pas déployé à l’hôtel de ville de Montréal ? On nous dit que c’était déjà comme ça sous Jean Doré et que ce n’est pas simple de revoir le protocole. La mairesse prononce un discours unilingue anglais dans sa propre cité ? On nous explique qu’elle n’y a pas vraiment réfléchi.

Préoccupations

La semaine dernière, le maire d’une banlieue de Montréal pratiquant la ségrégation volontaire a utilisé un vocabulaire d’évocation génocidaire pour critiquer un projet de loi dont on débat actuellement à l’Assemblée nationale du Québec. Il a fallu six jours à Valérie Plante, qui s’y oppose également, pour s’en distancier.

Hier à La Joute, Valérie Plante disait toutefois s’en faire pour l’image du Québec si la loi sur la laïcité était adoptée. On serait déjà plus porté à être attentif à ses préoccupations si elle donnait l’impression de penser que le fleurdelisé mérite d’être brandi.

Changement d’attitude

Pour certains, ces considérations identitaires et linguistiques seraient dépassées, particulièrement aux yeux de la jeunesse urbaine décomplexée dont Valérie Plante ne serait en fait qu’une incarnation.

Or, si on vivait dans un monde où il n’y a pas d’obstacle à ce que le français soit mis en vitrine et où l’ancrage québécois de Montréal comme métropole était incontestable, on n’aurait aucun reproche à adresser à la mairesse. Tout simplement parce que ce n’est pas ainsi qu’elle agirait.

À la fin, Valérie Plante doit choisir. Si elle est satisfaite d’être la mairesse d’une grosse agglomération parmi d’autres sur la planète, elle y est déjà arrivée. Si elle a envie d’être la leader de la plus grande ville francophone des Amériques, ça va prendre un changement d’attitude.