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A Paris, Michelle Obama fait rire et inspire

A Paris, Michelle Obama fait rire et inspire
WENN

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Entre leçons de vie et humour décapant, l’ancienne première dame des États-Unis Michelle Obama a ranimé mardi soir à Paris cette petite «flamme» qui l’a menée d’une banlieue modeste de Chicago aux dorures de la Maison-Blanche.

Ses premiers mots ont été pour les Français endeuillés par l’incendie de la cathédrale Notre-Dame, au cœur de Paris. 

«Notre-Dame sera reconstruite!» a lancé l’ex-First lady âgée de 55 ans, lors de cette soirée de présentation de son livre de mémoires «Devenir» dans la vaste salle de l’AccorHotel Arena à Paris.

Sorti le 13 novembre et traduit dans une trentaine de langues, le livre s’est déjà vendu à plus de 10 millions d’exemplaires dans le monde. 

«Aussi loin que je puisse me rappeler, j’ai toujours eu cette détermination et cet esprit fougueux», a-t-elle raconté aux quelque 20 000 spectateurs venus l’écouter présenter son autobiographie.

«Mes parents ont reconnu cette flamme en moi (...) et ils l’ont laissé grandir», a confié Michelle Obama, inlassable avocate de l’éducation des filles et de l’émancipation des femmes. 

«La société tente constamment de calmer les filles, de les rendre plus dociles», a déploré cette mère de deux grandes adolescentes, qui répondait aux questions de la journaliste de CNN International Isha Isatu Sesay, une Britannique d’origine sierra-léonaise.

Et Michelle Obama de rappeler les obstacles qui se sont dressés sur sa route de jeune femme afro-américaine.

«Je ne sais pas si vous êtes vraiment faite pour entrer à Princeton», lui a asséné une conseillère d’éducation, alors que cette brillante élève envisageait de présenter sa candidature à la prestigieuse université américaine. 

«Mais il y a des millions de jeunes, de personnes de toutes origines qui souffrent de voir leur potentiel étouffé (...) et cela les rend amers», a regretté Michelle Obama.

«Un modèle»

Un message reçu cinq sur cinq par Louise Ekambi Essaka, une jeune femme de 23 ans d’origine camerounaise qui a pu brièvement rencontrer Michelle Obama avant la conférence, où elle a été invitée par un sponsor privé. 

«Pour moi, c’est un modèle. Quand on est femme et noire, c’est difficile. Je postule régulièrement à des emplois en dessous de mes compétences, mais je ne suis pas prise à cause de ma couleur de peau», s’indigne cette jeune fille de la région parisienne, qui a repris des études de communication après plusieurs stages dans la mode. 

Dans son best-seller, Michelle Obama n’élude pas les difficultés: ses fausses couches et ses crises conjugales, son désintérêt de la politique ou l’impossibilité de pardonner à Donald Trump la polémique sur la citoyenneté américaine de son mari Barack Obama.

Faisant rire le public, elle a rappelé à quel point elle avait fait attendre son soupirant. «Mais il s’est montré extrêmement persévérant», a-t-elle souri.

Rappelé aussi avec humour à quel point elle ne souhaitait pas que son mari s’engage en politique.

«Quand il s’est présenté à la Maison-Blanche, honnêtement, je pensais qu’il ne gagnerait jamais (...) J’avais prévu d’être la femme aimante qui le réconforterait à la fin de la campagne en disant: tu as vraiment essayé, mon chéri».

«J’espérais qu’il perde (...) Mais il a gagné!», s’est-elle exclamée. «Et deux fois en plus».

Et si elle a laissé échapper quelques piques contre l’actuel locataire de la Maison-Blanche - sans toutefois mentionner le nom de Donald Trump -, Michelle Obama a réaffirmé qu’elle n’avait pas la moindre intention de se porter candidate au poste. 

«Il faut faire de la place à la nouvelle génération», a-t-elle plaidé, en appelant les jeunes à voter.

«Si vous ne votez pas, d’autres le feront et vous vivrez dans le pays qu’ils ont choisi», a-t-elle lancé.