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Le Canadien aurait-il dû oser?

Entraînement Canadiens
Photo d'archives, Martin Chevalier Certains reprochent à Marc Bergevin de ne pas avoir effectué une transaction en fin de saison pour amener du renfort à Montréal.

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Bon, ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini. C’est Yogi Berra qui l’a dit. Mais n’empêche. Que se passe-t-il avec le Lightning de Tampa Bay ? Comment une équipe aussi dominante en saison régulière peut-elle s’effondrer comme le Lightning l’a fait dans les trois premiers matchs de la série l’opposant aux Blue Jackets de Columbus ?

Que les Blue Jackets jouent bien, je veux bien. La plupart d’entre nous les avons sous-estimés. Mais que le Lightning paraisse aussi moche, ce n’est pas normal.

On sait que Victor Hedman est blessé. Il n’a pas joué les quatre derniers matchs du calendrier régulier et il n’était pas de la partie, dimanche, à Columbus.

Or, qu’arrive-t-il à cette attaque qui a maintenu une moyenne approchant quatre buts par match pendant la saison ?

Steven Stamkos, Brayden Point et Cédric Paquette n’ont aucun point en trois matchs.

Nikita Kucherov non plus n’en avait aucun au compteur avant d’appliquer un coup à la tête de Markus Nutivaara dans les dernières minutes du deuxième match. Son geste lui a valu de passer la troisième rencontre à l’ombre.

Qu’a-t-il pensé ?

Yanni Gourde ne montre qu’un but à sa fiche. Tyler Johnson n’a récolté qu’une mention d’aide.

À quelques heures du quatrième match, donc, le Lightning se retrouve dans la position des Blue Jackets avant la série. C’est lui qui se retrouve face à une mission que l’on disait impossible pour ses adversaires.

Des acquis que le Canadien n’a pas

Cela nous amène à une question hypothétique que se posent plusieurs d’entre vous.

Le Canadien aurait-il pu se retrouver dans la même position que les Blue Jackets s’il avait effectué une acquisition majeure à la date limite des transactions ?

Pour commencer, on n’aurait jamais pensé que les joueurs étoiles du Lightning perdraient leurs moyens dans les séries. Ils semblaient intouchables.

Deuxièmement, les Blue Jackets avaient plus de profondeur que le Canadien à la défense. Quand vous misez sur des défenseurs dans la fleur de l’âge de la trempe des Seth Jones, Zach Werenski et David Savard, vous êtes en voiture.

Marc Bergevin a fait son travail de directeur général. Il a fait des appels, il s’est informé. On peut penser qu’il a fait des propositions.

À la fin de l’exercice, il a expliqué qu’il n’avait pas voulu sacrifier l’avenir de l’équipe pour faire l’acquisition de joueurs qui pourraient être admissibles à l’autonomie complète en juillet.

Sa position est défendable, mais rien n’assure non plus que le Canadien se rendra à la terre promise avec sa banque de jeunes espoirs. Les Jesperi Kotkaniemi, Ryan Poehling, Alexander Romanov, Nick Suzuki et Josh Brook ont tout à prouver.

Carey Price et Shea Weber pourraient avoir été rattrapés par le temps quand ces jeunes arriveront à maturité. Ça semble déjà commencé dans le cas de Weber.

Price, lui, voit le temps filer. En disant à la fin de la saison qu’il lui restait moins de temps pour remporter la coupe Stanley, c’était un message qu’il lançait à la direction du Canadien.

Le tout pour le tout

Du côté de Columbus, mon petit doigt me dit que le propriétaire de l’équipe, John McConnell, a donné l’ordre au président des opérations hockey John Davidson et au directeur général Jarmo Kekalainen d’avoir recours aux moyens qu’ils jugeaient nécessaires pour aller le plus loin possible.

Avant cette année, les Blue Jackets n’avaient pris part aux séries que quatre fois en 18 ans. Les débuts fulgurants des Golden Knights de Vegas ont peut-être incité M. McConnell à dire à ses hommes de hockey de se bouger les fesses.

Les Sénateurs d’Ottawa ont obtenu de la jeunesse pour Matt Duchene. Vitaly Abramov, que l’on a vu jouer dans la LHJMQ, fut un choix de troisième ronde avec les Blue Jackets. Jonathan Davidsson fut pour sa part sélectionné au sixième tour.

En obtenant le premier choix des Blue Jackets au prochain repêchage, les Sénateurs parleront au 19e rang. Un autre choix de première ronde s’ajoutera l’an prochain si Duchene choisit de poursuivre sa carrière à Columbus.

Attendons la suite.

Les Flyers ont choisi le bon homme

On se doutait bien qu’Alain Vigneault rebondirait. Après avoir passé un premier hiver en famille depuis longtemps, voilà qu’il vient d’accepter deux offres d’emploi en cinq jours.

Les Flyers de Philadelphie ont annoncé hier son embauche à titre d’entraîneur en chef. La semaine dernière, c’était Hockey Canada qui retenait ses services en prévision du prochain championnat mondial, qui se tiendra du 10 au 26 mai en Slovaquie, la terre de nos bien-aimés frères Stastny.

Enfin de l’expérience

Le directeur général des Flyers, Chuck Fletcher, a choisi le bon homme pour diriger son équipe. À la suite du congédiement de Peter Laviolette pendant la saison 2013-2014, les Flyers s’étaient tournés vers des entraîneurs qui ne comptaient pas d’expérience dans la Ligue nationale.

Le premier fut Craig Berube, le même homme qui a sorti les Blues de Saint Louis du trou après avoir succédé à Mike Yeo cette saison. À ses deux saisons à Philadelphie, les Flyers avaient pris part à une ronde en séries.

Le poste fut ensuite confié à Dave Hakstol, qui a connu une brillante carrière dans la NCAA avec les Fighting Sioux de l’Université du Nord Dakota. Hakstol a mené les Flyers au premier tour des séries à sa première saison, mais les choses se sont gâtées par la suite.

Quand on regarde la formation, on se dit que cette équipe pourrait faire beaucoup mieux que ces dernières années. Le talent ne manque pas avec les Claude Giroux, Sean Couturier, Jakub Voracek, James van Rymsdyk, Travis Konecny et Shane Gostisbehere.

L’organisation semble avoir misé sur le gardien qui lui manquait depuis longtemps en Carter Hart. Âgé de vingt ans seulement, le jeune homme a fait du bon travail lorsqu’il a été rappelé de la Ligue américaine cette saison.

Vigneault saura rassembler les forces des Flyers et en faire des aspirants aux séries. Tout comme Joel Quenneville avec les Panthers de la Floride.

Ça va faire deux adversaires de plus au Canadien.