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Opération inefficace

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Au lieu de se braquer contre l’idée d’un métro, si farfelue soit-elle, l’administration Labeaume aurait dû se prêter bien avant à l’exercice comparatif que lui commande maintenant le ministère de l’Environnement.

La vérité, c’est que le manque d’informations a donné du gaz aux démagogues en chef de la région, qu’ils soient en politique ou sur les ondes. Tant et si bien que l’idée du métro est restée dans l’air malgré ses faiblesses et que le ministère de l’Environnement a fini par réclamer une comparaison des projets, incluant le métro et le monorail.

Voyant cela, l’administration Labeaume aurait dû s’arrêter, percevoir qu’il y avait un glissement. Québec est de nouveau empêtrée dans les odeurs de purin. Le meilleur moyen de combattre cette dynamique populiste consiste à lui opposer des informations bien documentées et solides. Les démagogues n’entendront pas pour autant, car ils en font leur pain et leur beurre. Mais des citoyens entendront, et ça devrait être l’objectif.

Exercice non « scientifique »

Dans cette optique, on aurait dû documenter d’emblée l’efficacité, la capacité à attirer une nouvelle clientèle, le climat sonore, la durabilité, la portée des travaux de construction de l’un et l’autre projet.

Au lieu de ça, dans un exercice qu’il a lui-même qualifié de non scientifique, Rémy Normand, vice-président du comité exécutif, s’est attelé hier avant le conseil municipal à démonter les arguments en faveur d’un métro à Québec. Il fallait le voir et l’entendre désavouer lui-même les informations qu’il en était à présenter aux journalistes. Quelle sortie inefficace !

Choix déraisonnable

M. Normand a par ailleurs fait savoir que la Ville allait répondre au ministère de l’Environnement en comparant le métro et le tramway. Il a mentionné que l’exercice serait fait rigoureusement et prendrait quelques mois.

Mais alors, si c’était aussi simple, pourquoi ne pas l’avoir fait avant ? Pourquoi ne pas avoir fait taire les bruits ambiants de la façon la plus adéquate ?

Car il ne faut pas être dupe. Les mêmes démagogues qui appuient aujourd’hui un métro auraient été les premiers à cracher sur le projet si la Ville avait fait ce choix. À preuve, lorsque Le Journal a publié, en 2017, les détails du métro comme proposé par Robert Vandewinkel, à la source du collectif « J’y vais en métro », ils l’ont ridiculisé sans gêne.

L’idée d’opter pour le projet le plus lourd et cher, sans que le besoin le justifie, aurait été tout à fait déraisonnable de la part de la Ville. On aurait alors pu l’accuser, à juste titre, de voir trop grand et de tout bousiller. La Ville se serait rapidement fait dire non par les gouvernements supérieurs, alors que les enveloppes pour le financement étaient disponibles tant au provincial qu’au fédéral.

C’est d’autant plus vrai quand on pense que Québec s’était fait dire de penser à un projet moins cher qu’un tramway, en 2011. Et encore davantage quand on voit à quel point le gouvernement du Québec tergiverse pour l’utilisation des fonds fédéraux devant servir à financer le tramway, moins cher et plus approprié.